Les personnages du vieil Iran portent encore les costumes traditionnels.
Il y a les "Khaschgaï" (ou Qashqaï), ces tribus semi-nomades
du Fars.
Guides Olizane :
Les Qashqâi sont un groupe ethno-linguistique dominant dans la province du Fârs. Ce sont
des turcophones chi'ites organisés en une confédération qui regroupe cinq grandes tribus
et quelques autres plus petites. Traditionnellement, les Qashqâi passent l'hiver dans les
garmsirât (pâturages) des piémonts du Zagros, au sud et à l'ouest de Shiraz, près du Golfe
Persique, remontant vers les montagnes au nord de Shiraz au printemps et en été. La
confédération qashqâi était suffisamment puissante au 19è et au début du 20è siècle pour
jouer un rôle important au niveau régional et même, à l'occasion, au niveau national,
les autorités provinciales comptant souvent sur les chefs tribaux pour assurer l'ordre
et la sécurité dans les zones rurales. Dans les années 1960 Mohammed Rezâ Shâh
entreprit de briser leur pouvoir en les désarmant et en nationalisant leurs
pâturages. Depuis, beaucoup de Qashqâi se sont sédentarisés ou sont devenus
semi-nomades. Dans les années 1950, leur nombre était estimé à environ 400 000
personnes mais il aurait considérablement baissé depuis.
Les Qashqâi participent à l'importante production de tapis tribaux (souvent moins
bien connue à l'étranger que les tapis fabriqués dans les ateliers urbains). Les Qashqâi
ont leurs propres motifs et leur propre style. Certains motifs, transmis de génération
en génération, sont très anciens ; ils sont reproduits sans modèle ni carton, mais en faisant appel à la mémoire orale. La fabrication des tapis était l'une des tâches les plus importantes des femmes dans la vie traditionnelle des nomades et était enseignée aux fillettes dès leur plus jeune âge. Le tapis revêtait une importance économique telle pour le groupe et la famille que l'habileté d'une femme à tisser était un critère déterminant dans le choix d'une épouse.
Leurs tapis sont noués sur des métiers horizontaux de petit format, faciles à démonter et
à transporter. La taille du métier détermine celle du produit fini et de nombreux tapis
tribaux sont donc plus petits que ceux employés dans les ateliers des villes, qui
emploient des métiers verticaux.
Les "Kurdes" qui vivent en Azerbaïdjan et au Kurdistan sont peut-être
les "cardouques" que rencontra
Xénophon, ils parlent une langue indo-européenne, et sont de remarquables cavaliers.
Les "Lours" font revivre en esprit le pittoresque des miniatures, très fiers d'eux-mêmes et de leurs
origines ; ils n'ont que mépris pour les ethnies qui les entourent.
Les "Turcomans" ont un physique nettement typé, les yeux sont bridés, les fillettes ont de longues
tresses noires, les hommes portent de lourd bonnets de fourrure et montent en virtuose les petits chevaux des steppes.
Sur le versant nord de l'Alborz et sur la plaine côtière de la Caspienne on rencontre les "Mâzandarâni",
devenus sédentaires ; ils cultivent le riz et le thé, leur costume de fute à la coupe traditionnelle est
d'une forme simple et pratique.
Les "Guilani" sont leurs voisins, les amateurs de souvenirs trouvent auprès d'eux une façon originale
de faire pousser des coloquintes dans des poteries et de leur donner ainsi des formes bizares (après
leur destruction) ; leurs cuillères en bois taillées et sculptées sont très recherchées.
Au sud, une population courageuse vit dans la région torride de Bandar Abbas, et le palmier-dattier
est la source majeure de leur artisanat. Les jours de fête, ils revêtent des costumes de soie où brillent
des fils d'or.
Xamse, Kouh-Giluye, Azari, Bakhtiari, et tant d'autres, créent cette admirable diversité iranienne.