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Au fil de l'histoire



L'Iran est le pays des mystères : la visite ,de ce pays est une expérience unique car nous sommes plongés dans le berceau de la civilisation humaine quieut ses hauts et ses bas, mais qui enchanta les pages d'une histoire trois fois millénaire de l'âge du Feu à l'Epoque contemporaine. Le passé de l'Iran remonte au 4ème millénaire avant Jésus-Christ. Le pays fut pendant des siècles un lieu de passage pour différentes cultures dont la Route de la Soie est le témoin. L'Europe en était encore dans les nuits de la barbarie que déjà la Perse vivait dans la plus éclatante des civilisations.

1er siècle AV-JC

Au premier siècle du premier millénaire avant J.C. des peuplades indo-européennes (des aryens) s'installèrent sur cette terre qu'avaient sillonnée des tribus d'un nomadisme guerrier et parmi elles les Mèdes et les Perses devenant tour à tour les maîtres de toutes. En dernier lieu, un être d'exception, Cyrus, en 550 av. J.C., s'empara du trône et fonda la dynastie des Achéménides, il éleva sa capitale à Pasargades et entreprenant aussitôt d'agrandir ses territoires, y ajouta la Lydie de Crésus, les îles Ioniennes, la Bactriane, la Sogdiane, la Parhie et mourut glorieusement en plein combat. Son fils Cambyse unit l'Egypte à l'empire mais périt assassiné et, après les intrigues de cour qui s'ensuivirent, ce fut son cousin Darius Ier qui lui succéda : grand administrateur, Darius organisa, centralisa, créant vingt satrapies obéissant à un pouvoir fort. Mais le sort des armes allait changer, et Xerxès, qui succéda à son père, ne trouva en Grèce que Marathon, Salamine et Platée... Artaxerxès II vit se soulever les satrapies contre lui et Artaxerxès III, autoritaire et cruel, eut la charge de tout remettre en ordre. Mais ce fut Darius III qui allait avoir à faire front à Alexandre, un jeune Grec de vingt ans... Alexandre pénètre en asie avec une quarantaine de milliers d'hommes, force le passage du Granique, met en déroute la cavalerie perse, la rejoint, l'écrase à Issos (333), s'empare de la famille royale puis, après avoir parcouru l'Egypte de Cambyse, revient, bouscule à nouveau l'armée de Darius à Gaugamèle, s'empare de Pasargades, pille Persépolis, incendie la cité sacrée et, s'élançant à la poursuite du Roi des Rois, le rejoint... mais, hélas ! Darius avait été assassiné par les satrapes de son escorte. La conquête d'Alexandre ouvrait la porte à la pénétration occidentale, le rêve de ce dernier n'étant pas l'anéantissement traditionnel du vaincu, mais au contraire la fusion des deux peuples combattants ; et, pendant des années, Grecs et Perses vivront dans des cités nouvelles, les mariages mixtes seront favorisés et les Macédoniens, comme il arrivera souvent par la suite pour les vainqueurs, seront "iranisés". La Perse des Parthes devenue riche élimina peu à peu les Grecs et se dressa victorieuse contre Rome qui s'avançait, mais pendant quatre siècles ce ne sera que luttes et, tour à tour, victoires et revers Châpour Ier fondera la dynastie des Sassanides et son droit à la postérité sera d'avoir vaincu et fait prisonnier Valérien, l'empereur des Romains (260). Antioche, la belle capitale syrienne, sera incorporée à l'empire et Khosro II ira de nouveau en Egypte... mais les guerres incessantes, les incursions des hordes venues d'Asie affaiblissant l'état, celui-ci va s'écrouler sous les coups de nomades affamés venus des sables d'Arabie...

Les "cavaliers d'Allah" approchent et pour les Perses ce sera le deuxième volet du dyptique. Commencée en 634, la conquête de l'Iran par les Arabes fut achevée vingt ans après. La riche civilisation sassanide s'effondra sous les coups des "barbares" mais de barbares animés par une foi "ardente", et cette "foi" et cette croyance n'allaient pas à l'encontre de l'esprit iranien ; ce sont elles qui, assimilées, resteront dans la lignée de la pensée de Mahomet en créant ce "protestantisme" qu'est le chiisme des Iraniens, et plus tard ce sera la culture persane qui donnera caractèree et spiritualité à la civilisation et à l'art islamique. Peu à peu les Arabes cèderont les postes de commande au profit des chefs iraniens. En 820 le khalife donnera tous pouvoirs à la famille des "Tahirides". En 867 on trouve à la tête du Khorassan un simple artisan chaudronnier épris de libération nationale. Vers 935, la famille des "Bouyides" se cherchant des ancêtres sassanides s'imposera à Bagdad et ce sera "l'âge d'or" d'une renaissance spirituelle avec cet Holmère iranien que fut Firdousi. L'hégémonie turque était toute proche et l'Iran va entrer sous la domination des sultans "Ghaznevides" ; à peine sont-ils installés qu'un autre clan s'empare du pouvoir et du "prince épervier" au "lion robuste", l'empire est reconstitué.

Mais voici qu'au nord-ouest du pays apparaît, au milieu d'une tornade de poussière et de sang, Gengis Khan et ses hordes mongoles et tout fut dévasté, rasé, anéanti. Ibn-Al Athir, le célèbre historien arabe, décrit l'inimaginable terreur qui pétrifiait les peuples : un seul Mongol pouvait pénétrer dans un village et massacrer l'un après l'autre tous ses habitants sans qu'aucun ne leva la main pour se défendre. Cette domination dura près d'un siècle, 1256-1336, et ce qui était arrivé aux Macédoniens, aux Romains, aux Arabes, arriva cette fois aux Mongols. Il-Khan-Uljaitu, un des successeurs de Gengis Khan se convertit même à l'islamisme. La Perse était redevenue toute-puissante, car les Mongols savaient veiller et protéger les grandes routes caravanières qu'ils avaient conquises et enrichir le pays par un commerce habile.

Puis de nouveau, à la suite d'intrigues et de luttes, ce fut le cycle des guerres, le chaos et l'anarchie jusqu'au jour où la Perse eût à faire face aux Turcs de Tamerlan, un jeune chef ambitieux, qui, en sept ans, s'en rendit maître.

15-17ème siècle

Nous sommes au début du XVè siècle, la Perse est dirigée par les descendants de Tamerlan, et cette dynastie des "Teimourides" sera d'un grand rayonnement : Châh Roukh saura attirer à sa cour de Hérat les écrivains, les artistes et les savants. Les "Teimourides" à leur tour entreront dans la ronde infernale des dissensions et ouvriront la porte à des dynasties nouvelles, le XVIè naissant verra les "Safavides" anéantir les bandes turcomanes à l'ouest et chasser les derniers Mongols à l'est, et ce sera pour l'Iran les retrouvailles d'une grande postérité : c'est le temps de Châh Abbas le Grand (1587-1629), un des moments les plus importants de la Perse musulmane. Il mit en place une monarchie dont l'autorité ne s'arrêta devant aucun obstacle et son sabre égalitaire est resté légendaire : il sut ouvrir son pays à l'Occident.

18ème siècle

En 1722 c'est à nouveau l'invasion, elle est afghane cette fois ; la domination dura une quinzaine d'années et ce fut le chef d'une tribu turque, le général Nader, qui prit le pouvoir, chassa les Afghans et conquit l'Inde : despote, ses sujets mécontents l'assassinèrene et son empire s'effondra (1747). Voici apparaître un authentique Iranien, Karim le Zend : il restaura les tombes de Saadi et Hafiz, ce qui toucha le coeur des Persans et, après tant de bouleversements, ce fut une halte salutaire. A la fin du siècle et après bien des troubles et des massacres, Agha Mohammed Khan, de la tribu des Khadjars, rétablit une fois encore l'unité du pays et c'est lui qui fit de Téhéran la capitale (1796). Son successeur Feth Ali Châh (1787-1833) contre les visées russes et anglaises, songea un instant à une alliance avec Napoléon.

20ème siècle

En 1914, les Turs envahissent la Perse, ils en sont chassés par les Russes et ces derniers par les Anglais en 1917. Au cours des années 1919-1920, les Anglais signeront une convention qui, tout en reconnaissant l'indépendance de la Perse, n'en est pas moins une colonisation déguisée : c'est alors qu'un sursaut de toutes les classes de la société amena au pouvoir un homme nouveau, Reza Khan, officier énergique et courageux qui, par son attitude, obtint le retrait de toutes les troupes étrangères ; le faible Ahmed Châh, dernier rejeton de la dynastie Khadjar, s'étant réfugié en Europe, Reza Khan fut proclamé Roi des rois par le Parlement. Le monarque prit le titre de Reza Pahlavi : une nouvelle dynastie était née... Reza Châh devait régner quinze ans avec autorité et transformer un état à structures féodales en un état moderne. En 1935, "Iran" devient le nom officiel de la Perse. Au cours de la seconde guerre mondiale, Reza Châh, soupçonné par les Alliés, de favoriser l'implantation d'agents nazis en Iran, sera conduit à l'abdication. Il quitte Téhéran pour Ispahân, puis Bandar Abbas et, deux jours plus tard, s'embarque pour l'île Maurice ; il devait mourir à Johannesburg le 26 juillet 1944. Le 7 mai 1950 son corps était ramené dans sa patrie. C'est son fils, Mohammed Reza, alors âgé de 22 ans, qui lui succéda, il devait avoir à résoudre dès son arrivée au pouvoir des problèmes vitaux pour l'Iran : tout d'abord il dut vaincre la sécession de l'Azebaïdjan transformé un moment en république démocratique populaire, faire face à la révolte des Kurdes et à l'insoumission des Khaschgaïs, assurer la nationalisation du pétrole, mettre en oeuvre une réforme agraire. Les oppositions soulevées par ces réformes, aussi bien dans les milieux traditionnalistes qu'à l'extrême gauche, devaient provoquer contre lui deux tentatives d'assassinat et l'obliger, en 1953, à s'enfuir jusqu'à Rome. Intelligent, audacieux, le Châh-in-Châh fut considéré comme un des plus grans monarque d'Orient.




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