 |
.à la télévision.
|
 |
| |
LES PERSES
Pièce d'Eschyle |
Arte Mercredi 6 octobre à 23h05, rediffusion le 9 octobre à 15:15
Durée 1H25
La bataille de Salamine racontée du point de vue des vaincus (les Perses). La plus ancienne tragédie qui nous soit parvenue, dans une mise en scène multimédia et percutante de Martin Wuttke.
Suse, la capitale perse. Les Fidèles, conseillers du Grand-Roi, veillent sur le palais que Xerxès leur a confié avant de partir conquérir la Grèce. En attendant des nouvelles du front, le choeur des Fidèles s'apprête à tenir conseil. Pendant ce temps, inquiétée par un mauvais présage qui lui est apparu en songe, Atossa, la mère du roi, vient consulter les conseillers. Alors qu'elle décide d'adresser des prières aux dieux et aux morts, un messager se présente, rapportant la nouvelle du désastre perse à Salamine...
LES PETITS PLUS
Tragédie multimédia
Lamentation sur un événement décisif de la Seconde Guerre médique - la bataille de Salamine où les Grecs vainquirent les Perses -, cette pièce d'Eschyle est la plus ancienne tragédie qui nous soit parvenue. En contant ce tournant de l'histoire du monde du point de vue des vaincus, le dramaturge donne la parole à une élite politique et militaire défaite. Pour représenter le drame, l'acteur et metteur en scène Martin Wuttke a choisi un site chargé d'histoire : l'ancien aérodrome du Brandebourg, dont le sous-sol est un véritable charnier. C'est là qu'eut lieu, en mars 1945, la bataille des Seelower Höhen qui fit des centaines de milliers de victimes soviétiques et allemandes et fut déterminante pour la prise de Berlin. Jouée à ciel ouvert sous forme de spectacle multimédia - à la fois sur scène et sur écran -, la pièce est brillamment servie par des acteurs réputés pour leur pouvoir de suggestion : Sophie Rois, Volker Spengler et Alexander Scheer. La version télévisée proposée par Andreas Morell, concoctée à partir des images tournées pendant la représentation, apporte un supplément de force et d'intensité à cette mise en scène pour le moins percutante.
(source: arte-tv.com)
| | |
|
Routes oubliées |
|
Voyage Vendredi 13 août à 21h et à 3h
Routes oubliées
Iran, le rouge et le noir
Documentaire de Marc Mopty (France, 2000). 60 mn. Inédit.
"Je ne viens pas voir l'Iran de la République islamique", prévient Marc Mopty, soucieux de ne pas tromper sur la marchandise. Et si vous acceptez les conditions de départ, nous ne serez pas déçu par ce documentaire, l'un des meilleurs de la collection "Routes oubliées". Car le réalisateur n'a pas d'oeillères. Loin d'une visite pour touristes uniquement intéressés par les villes (Téhéran, Chiraz, Persépolis ou Bam, depuis détruite par un tremblement de terre), la Perse millénaire ou la beauté des paysages, son film révèle "un pays entre modernité et intégrisme", toujours marqué par le "rouge" (de la Révolution) et le "noir" (du deuil). La différence entre Qom, ville sainte de l'Islam chiite et de l'ayatollah Khomeyni, et Ispahan, où "souffle un vent de liberté", saute ainsi aux yeux. Une mention spéciale au commentaire, personnel et très inspiré.
Laurent Thévenin
(Télérama n° 2847 - du 7 au 13 août)
Rediffusion samedi 14 août à 9.00
| | |
|
Un temps pour l'ivresse des chevaux |
|
Arte Mercredi 23 juin 22h50
Film de Bahman Ghodabi (Zamani barayé masti ashba, Iran , 2000). Image : Saed Nikzat. Musique : Hossein Alizadeh. 75 mn. VO. Inédit. Avec Ayoub Ahmadi : Ayoub. Madi Ekhtiar-Dini : Madi. Amaneh Ekhtiar-Dini : Amaneh. Nezhad Ekhtiar-Dini : Nezhad.
Le genre : initiatique.
Bahman Ghodabi nous emmène au Kurdistan, zone montagneuse et frontalière avec l'Irak, un pays qu'il connaît bien, le sien. Et ce,
en plein hiver et en compagnie d'une bande d'orphelins : Amaneh, la petite soeur qui parle en voix off ; Madi, l'un des frères,
visage d'adolescent comme posé par erreur sur un corps atrophié ; Rojine, la grande soeur qui chaperonne la fratrie. Mais c'est
Ayoub, 12 ans à tout casser, l'oeil farouche sous les boucles noires, qui va bénéficier de l'attention particulière du
réalisateur.
La mission (impossible ?) d'Ayoub, c'est la survie de son frère estropié, Madi. Mais en chemin, la désillusion se pointe aussi.
L'oncle des orphelins négocie avec une famille irakienne le mariage de Rojine contre le paiement d'une opération pour Madi.
Très belle scène de dispute entre Ayoub et sa soeur aînée, noyés dans la neige parmi quelques arbres. Ces instants-là, Ghodabi
choisit de les filmer à distance. C'est la pudeur qui le sauve aux moments les plus délicats, et on doit le remercier d'avoir
jusqu'au bout mené son affaire comme une escalade - humaine et physique - sans rien trahir de laborieux ni surtout sans
basculer dans le sentimentalisme facile. A tel point que la fin, parfaitement abrupte et lumineuse, prend de court.
François Gorin
(Télérama n° 2840 - 16/06/04)
| | |
|
L'Islam dévoilé |
|
Planète Mercredi 21 avril à 20h45
Documentaire (1et 2/) de Ruhi Hamid (Grande Bretagne, 2003). 105 mn. Inédit.
(...) Voilà une production britannique qui nous entraîne sur les chemins de l'islam, en partant de Londres, à travers le regard d'une jeune journaliste anglaise et musulmane.
La 2ème partie : direction Téhéran, là où tout a commencé. Vingt-cinq ans après la révolution iranienne, les femmes que rencontre la jeune journaliste anglaise n'ont rien de femmes soumises ou embrigadées. L'une d'entre elles réclame même devant la caméra la fin de l'Etat théocratique. Sacrément courageux ! (...)
Thierry Leclère
Rediffusions : 23/4 à 17h35, 24/4 à 16h35, 29/4 à 17 h 30
| | |
|
Culture et dépendances |
|
France 3 Mecredi 18 février à 23h25
Dieu, l'Islam et la modernité.
Magazine. Présenté par Franz-Olivier Giesbert.
Invités : Réza Pahlavi, soeur Emmanuelle, Maud Tabachnik, Jean-Claude Barreau,
Malek Chebel, Martine Gozlan, Carmen Bin Ladin, Rachid Benzine, Elisabeth Barillé,
Denis Tillinac, Danièle Sallenave. 90 mn.
Elections régionales obligent, FOG doit affronter "Dieu, l'Islam et la modernité" sans
l'ombre d'un homme politique sur son plateau. Il lui reste une poignée d'invités emmenés
par Carmen Bin Ladin (de mère iranienne), ex-belle-soeur d'Oussama. (Télérama n° 2822 - semaine du 14 au 20 février)
| | |
|
Documentaire sur Ispahan |
|
France 5 Vendredi 13 février à 16h45
bientôt les détails.
| | |
|
Les royaumes disparus : Le mythe de Persépolis |
|
France 5 Mercredi 21 janvier 15h50
Pendant très longtemps, on n'a connu de l'empire perse que ce que les auteurs grecs en avaient dit en toute mauvaise foi, jalousie oblige. L'image des Perses était alors celle de despotes décadents. La réalité semble bien différente si l'on en croit les tablettes d'argile retrouvées dans les vestiges de l'ancienne et fabuleuse capitale de l'empire, Persépolis, qui décrivent au contraire un peuple essentiellement attaché à la paix et nourri d'une indéniable culture. Il faut remonter à 550 avant Jésus-Christ pour comprendre comment l'empire s'est développé, devenant sous le règne de Cyrus un immense territoire s'étendant jusqu'à la Russie et regroupant trente peuples différents.
En 515, Darius commence la construction de Persépolis, qui deviendra la capitale, toute de luxe et de raffinement. Il fallait impressionner les peuples assujettis, même si l'on respectait leurs croyances et leurs religions. Gigantisme des bâtiments, impression de puissance et d'harmonie jusque dans les moindres détails des constructions, notamment dans l'extraordinaire palais aux cent colonnes que fera construire Xerxès, le fils de Darius. L'empire achéménide est alors à son apogée, ce qui déplaît fort à Alexandre le Grand. Voulant montrer qu'il peut anéantir le pouvoir perse, il ne trouve rien de mieux que de brûler, saccager et piller Persépolis, dont toute la population est massacrée. Violence gratuite, à l'opposé du modèle de tolérance qu'avaient mis en place Cyrus, Darius et Xerxès. Revisiter l'empire et sa capitale au travers de ce documentaire vivant et fort intelligemment construit est un véritable plaisir pour l'esprit.
Bernard Heltz
(Télérama n° 2818 - 14 janvier 2004)
| | |
|
Voyage au pays des mollahs |
|
France 2 Jeudi 15 janvier 21h
[...] le second reportage nous mène en Iran : au péril de leur vie, les reporters
passent au pilon l'image d'un pays progressiste sur la voie des réformes.
Voyage au Pays des mollahs (Jane Kokan et Elsa Margout).
La communauté internationale se plaît à renvoyer l'image d'un Iran progressiste qui,
sous la houlette du président Khatami, s'engage sur la voie des réformes. Or cette
enquête accumule les preuves de la répression dont sont l'objet les étudiants du pays.
Deux journalistes ont enquêté clandestinement sur le mouvement protestataire, les
enlèvements, tortures, disparitions quotidiennes qui frappent la jeunesse. Un
document confondant, témoignant de l'emprise des mollahs sur le pays.
Hélène Marzolf
(dans Télérama n ° 2817 - du 10 au 16 janvier)
| | |
|
Soraya |
|
France 2 Lundi 29 décembre à 20h55 et 22h35
Téléfilm (1/2). (Italie-/France, 2003). 95 mn. Inédit. Scénario : Jacqueline
Feather et David Seidler. Avec Anna Valle : Soraya, Mathilda May : Shams, Errol
Sander : le chah d'Iran, Catherine Vertova : Samira, Sydne Rome : Furoug.
Quand les mille et une nuits tourne au cauchemar : Soraya est choisie par l'irrésistible Mohammed pour devenir impératrice d'Iran. Un destin romanesque à souhait, fait de rêves exaucés et de blessures profondes, sur fond de chaos politique : une fresque aussi toc et sympathique que celle de Sissi impératrice d'Autriche. Ah, si seulement ces deux-là avaient pu se rencontrer !
Téléfilm (2/2)
A la suite de l'assassinat du Premier Ministre, Soraya et son chah écourtent leur
voyage de noces. A Téhéran, la foule est massée devant le palais ; le couple impérial
décide de reprendre le contrôle de sa production de pétrole, jusqu'alors tenu par les
Anglais. Ils n'ont pas idée des conséquences de leur acte de bravoure...
"Soraya"
Soraya voulait être actrice : elle a trouvé un rôle de choix, en devenant l'épouse
du shah d'Iran. Rien pourtant ne la prédisposait à pareil destin. En 1950, la jeune
femme, issue d'une grande famille iranienne en exil à Bonn, prend des cours d'art
dramatique, apprend les langues et rêve d'Amérique. Pendant ce temps-là, à Téhéran, la
garde rapprochée de l'empereur fomente des plans de mariage pour assurer la pérennité
de la dynastie. Comme dans les contes de fées, les marieuses présentent des portails
de jeunes filles au prince ; celui-ci s'arrête sur le visage pâle de Soraya, l'invite
à la cour, succombe à son charme et la convainc de monter sur le trône.
Romanesque à souhait, entre Les Mille et Une Nuits et le roman-photo, le destin de Soraya
prend une dimension héroïque avec les événements politiques qui secouent le pays.
Intrigues de palais, manoeuvres diplomatiques'ajoutent aux problèmes intimes du couple
impérial. Le chah est ici montré comme un faible manipulé par les femmes, sans
imagination ni sens de la stratégie. Toute la sympathie des scénaristes va à Soraya,
ses efforts pour bâtir un pays moderne et fort (comme Sissi) et sa sensibilité pour
la souffrance de l'humanité (comme lady Di).
Cécile Challier
(dans Télérama n° 2815 - semaine du 27 décembre 2003 au 27 janvier 2004)
| | |
|
Iran, sous le voile des apparences |
|
Arte Lundi 8 décembre 22h25
De Thierry Michel (Italie/France/Belgique, 2002). 16/9. 90 mn. Rediffusion.
Pour s'extirper des clichés qui font de l'Iran un pays tout entier dévoué
au culte de Khomeyni, Thierry Michel est allé planter sa caméra en Perse.
Il en ramène un carnet de route tout en nuances de la complexité iranienne.
"Elles sont quatre ou cinq, debout, dans le couloir, dans le cours de théâtre mixte
de Téhéran. Ces belles Iraniennes, qui ont grandi sous Khomeyni, vont sans gêne vers
la caméra, avouant leur désarroi : "Les jeunes n'ont plus d'idéal. Nos parents ont fait
la révolution, mais nous, nous sommes déboussolées. Notre société est en chute libre..."
La scène est un pur moment de grâce. Dans quel état de délabrement psychique les
mollahs ont-ils laissé cette société iranienne si puissante et raffinée ? Thierry
Michel, ce baroudeur belge ultrasensible, est parti tourner son journal en Perse
avec la modestie du vieux routier. Son film démarre (trop) lentement, mais la
deuxième partie, qui s'attarde sur la jeunesse, est un régal. La faillite de la
république islamiste est tout entière contenue dans cette autre formidable scène
de montagne, quand, chaque vendredi à l'heure de la prière, des milliers de garçons
et de filles de Téhéran, casquettes à visière et tee-shirts à la mode, gravissent
les contreforts de la ville à la recherche d'un peu de légèreté.
Comme tous les Occidentaux qui découvrent pour la première fois l'Iran, Thierry Michel
a mesuré combien sont imbéciles les clichés qui circulent en Occident. Sans être allé
tout à fiat "sous le voile des apparences", comme le titre le laisse supposer,
ce film est aussi un hommage appuyé au courage de ces intellectuels iraniens de
l'intérieur qui défient les autorités, au péril de leur vie.
Thierry Leclère (Télérama - mercredi 3 décembre 2003)
| | |
|
Farah d'Iran |
France 2 Dimanche 7 décembre de 13.45 à 15.35 et de 19.10 à 20.00
L'ex-impératrice d'Iran sera présente sur le plateau de "Vivement Dimanche",
l'émission dominicale de Michel Drucker. Aux côtés de l'animateur et du chanteur
Charles Aznavour, elle y fera la promotion de ses mémoires qui, depuis leur
publication, le 14 octobre dernier, ont déjà été vendues à 90 000 exemplaires.
Ce qui constitue un véritable succès pour ce livre que les admirateurs de
Farah attendaient depuis 20 ans et dont on estime qu'il devrait atteindre la
barre des 100 000 exemplaires d'ici la fin de l'année.
(source : Point de Vue n° 2889)
Mémoires de Farah Pahlavi est en vente chez Amazon.fr
| | |
Théma : Iran, les héritiers de la révolution
MARDI 25 NOVEMBRE SUR ARTE, 20 H 40 |
|
Soirée consacrée à l'Iran post-Khomeyni, et centrée sur les revendications des jeunes et des femmes pour davantage de droits et des femmes pour davantage de droits et de libertés. Gageons que le spectateur y trouvera au moins de quoi démonter pas mal de clichés sur la société iranienne.
20 H 45 Etre jeune en Iran. D'Elke Safaei-Rad (All, 2003). 30 mn. Documentaire.
Elham travaille dans une agence de voyages et va épouser son cousin. Marsieh vit dans une banlieue de Téhéran et ne connaît du monde que sa famille et son école. Mehrdad est guide accompagnateur. son métier, peu lucratif, lui ouvre des contacts avec des occidentaux. Par leur témoignage, ces trois jeunes gens brossent un tableau concret de la société iranienne d'aujourd'hui.
21 H 15 La Riviera des mollahs. De Stefan Tolz (All, 2003). 55 mn.
La côte iranienne de la mer Caspienne, dans le nord du pays, a été durant de nombreuses années un lieu de vacances privilégié. Mais en 1979, la révolution islamique changea tout : les loisirs furent interdits et les hôtels et casinos fermés. Depuis la mort de Khomeiny en 1990, l'étau s'est un peu desserré, mais les mollahs continuent de veiller au respect des règles religieuses sur les côtes.
22 H 10 En fuite.De Kim Longginotto, Ziba Mir-Hosseini (GB, 2001). 55 mn. Documentaire.
A Téhéran, des jeunes filles qui ont fui la maison familiale sont recueillies par un foyer. Si les assistantes tentent toujours de savoir ce qui les a poussées à abandonner leur famille, les motifs sont presque toujours les mêmes : trop de privation de liberté, trop de mauvais traitements, une exploitation physique et parfois sexuelle insupportables.
| | |
LE REGARD CRITIQUE DE CINQ RÉALISATEURS SUR LEUR PAYS
"L'Autre Iran", de lundi à vendredi, 20h15, Arte |
La vraie vie des vrais Iraniens ; droits des femmes, essor des cybercafés ou libres paroles d'étudiants : un Iran sans clichés
L'Iran vu par des hommes. L'idée peut paraître simple. Elle est pourtant capitale. Elle permet d'éviter les clichés du regard occidental et de pénétrer plus en profondeur dans un pays que l'on connaît finalement peu. Avec L'autre Iran, série diffusée dans la semaine du 25 au 31 octobre sur Arte, nous y sommes de plain-pied. Cinq réalisateurs, femme et hommes, documentaristes chevronnés, jeunes journalistes ou artistes, ont filmé la vie de femmes en prison, d'internautes, d'étudiants contestataires, d'une journaliste au travail et de musiciens de rock. Des trois sujets que nous avons pu voir émane une réflexion critique sur la société iranienne, sa culture patriarcale et la pesanteur du régime islamique.
Coproduites par huit chaînes à travers le monde, cette série ne trouvera pas sa place sur les petits écrans iraniens. Pourtant, pour les auteurs de chacun de ces films, la question était : jusqu'où ne pas aller trop loin ? "Il était évidemment hors de question qu'eux-mêmes et ceux qu'ils ont rencontrés soient mis en danger par leurs propos", explique le réalisateur-producteur Patrice Barrat, à l'initiative du projet. Alors ils ont jonglé avec les limites de la liberté de parole. "Pour eux, ce qu'ils montrent dans leurs films, c'est déjà très osé, affirme Banafsheh Khoshnoudi, la coordinatrice de la série. Dans le sujet consacré aux étudiants [que nous n'avons pas vu, NDLR], certains critiquent même ouvertement le régime. Je trouve qu'ils n'ont pas peur." Ils ont peut-être peur, mais comme Shirin Ebadi, avocate iranienne et militante des droits de l'homme qui vient de recevoir le Nobel de la paix, ils vivent avec. Pour défendre leur liberté.
Cécile Maveyraud dans Télérama n°2806-semaine du 25 au 31 octobre
LUNDI 27 OCTOBRE
Sur Arte - 20h15 - Documentaire.
Meurtries, meurtrières
De Mahvash Sheikholeslami (France, 2003)
26 mn. Inédit.
Paroles d'Iraniennes en prison pour avoir tué leur bourreau. Bouleversant.
Shirin Ebadi, l'avocate iranienne qui vient de recevoir le Prix Nobel de la paix, a connu les geôles de la prison d'Evin, à Téhéran, pour avoir défendu les droits de l'homme. Rares sont les caméras qui y ont pénétré. La réalisatrice Mahvash Sheikholeslami a fini par forcer les verrous pour s'entretenir avec des prisonnières, meurtrières ou complices du meurtre de leur mari. Elles racontent le mariage à l'adolescence, les violences conjugales, les humiliations patriarcales. La somme de ces témoignages, filmés plein cadre sans recherche d'effet au montage, provoque inévitablement un sentiment de révolte ; si leur situation est connue, jamais sans doute nous n'avions été confrontés aussi directement à la parole de ces femmes et à leur condition. Peu importent alors la réalisation a minima, les témoignages qui s'enchaînent dans un bout-à bout qui paraît parfois brutal et dont on ne comprend pas toujours la logique. Premier volet d'une série consacrée à l'Iran, Meurtries, meurtrières sera suivi de quatre autres reportages-documentaires, où l'on découvrira Internet au pays des mollahs, Sépideh, une jeune femme vitriolée, le combat réformateur des étudiants et la vie de trois jeunes rockers dans une ville au bord de la mer Caspienne.
Cécile Maveyrau
MARDI 28 OCTOBRE
Sur Arte - 20h15 - Reportage. Imam InternetMaryam
MERCREDI 29 OCTOBRE
Sur Arte - 20h15 - Documentaire.
Maryam D'Orod Attarpour (France, 2003). 30 mn. Inédit.
Journaliste au quotidien L'Iran, Maryam, la trentaine, est en charge des pages faits divers. Proches séparés par la vie, femmes vitriolées par un mari irascible ou une rivale... c'est tout l'Iran profond qui se déploie dans ses colonnes. S'attachant aux pas de Maryam, Orod Attarpour tente de nous faire cerner le pays de l'intérieur. Très vite, son reportage s'attarde sur le sort épouvantable fait à trois femmes, rongées à l'acide. Et l'on s'agace de ce film, elliptique, mal construit, qui semble happer tout ce qui passe devant la caméra. Reste au spectateur à deviner, et à s'interroger sur les tentatives de médiation menées par la journaliste entre une des victimes et sa famille. De Cépidé, Fatané et Faézé, on aurait aimer comprendre plus. Mais le réalisateur s'arrête, un peu complaisamment, sur les chairs torturées, sur la reconstruction plastique, sur les yeux béants. Nous laissant le sentiment d'une grande souffrance inéluctable.
Marie Cailletet
JEUDI 30 OCTOBRE
Sur Arte - 20h15 -
Reportage.
Paroles d'étudiants.
De Javad Azimi Parsa (Fr, 2003), 30 mn.
VENDREDI 31 OCTOBRE
Sur Arte - 20h15 - Documentaire
Flying Misters De Reza Bahrami Nezhad (Fr, 2003). 26 mn. Inédit.
Les Flying Misters ou trois rockers chez les mollahs : Reza le batteur, Mohammad le bassiste et, à la guitare, Houtan le batteur, le compositeur. Leurs morceaux s'intitulent Un après-midi de chien ou Souvenir d'un imbécile. Ils répètent après leur journée de boulot, dans des endroits discrets. Avec un rêve : jouer sur scène. Mais ils restent suspendus à la décision de l'administration. jamais un concert de rock n'a été organisé à Anzali, ville portuaire du nord de l'Iran.
A travers ce véritable film court, réalisé par Reza le batteur, diplômé en arts graphiques et instituteur, nous parvient toute une réalité de la société iranienne qui échappe aux médias occidentaux : le quotidien vu et vécu de l'intérieur. Ce documentaire nous permet de ressentir le profond désarroi de ces hommes et de ceux qui les entourent. "Tous les gens s'empêchent d'être ce qu'ils aimeraient être, dit Houtan. Ils se sont tellement censurés, bridés, éloignés de leur être véritable, que c'en est insupportable." Les carcasses rouillées de bateaux, les façades décrépies des immeubles transmettent un sentiment d'abandon, l'impression d'un temps figé, une sensation de pourrissement. Pourtant, l'éteignoir du régime islamique n'a pas tout étouffé. Des flammes intérieures vacillent encore. Avoir des désirs et leur donner vie, espérer en un avenir plus libre : Reza et ses potes n'abdiquent pas. Leur film ose et provoque, il crie ce refus du bâillonnement, cette angoisse de ne pouvoir vivre pleinement.
Cécile Maveyraud
| | |
Retour à la page principale
|