Il est au monde des lieux privilégiés où, depuis les temps les plus reculés, demeure
l'esprit et quelques reliefs parlent encore de grandeur au milieu des ruines. Naqsh-e-Rostam,
à quatre kilomètres au nord de Persépolis, appartient à cette lignée. La falaise y a été
taillée à vif comme celle d'Abou-Simbel. Naqsh-e-Rostam fut avant tout un lieu de recueillement
et de fidélité ; une tour du feu veillait nuit et jour sur les tombeaux de Darius, Xerxès,
Artaxerxès et les civilisations qui suivirent celles des Achéménides demeurèrent fidèles à
la vallée sacrée qu'entourait et protégeait une haute muraille.
La Vallée des Rois. Les tombes royales datent des VIème-Vème s. av. J.C.
Le premier tombeau taillé dans la falaise fut celui de Darius le Grand, puis vinrent ceux de Xerxès
1er, Artaxerxès 1er et Xerxès II. Autour des tombeaux achéménides, les Sassanides sont venus
tailler huit splendides bas-reliefs ornementaux.
La Ka'bah e Zardoucht (début du Vème s. av. J.C.) ou Kaaba de Zoroastre, sanctuaire élevé
face au tombeau de Darius 1er abritait peut-être le "feu sacré".
Nous sommes invités à l'investiture d'Ardachir 1er, où le roi et le dieu
s'affrontent à cheval avec tant d'orgueil et de noblesse, tandis qu'un peu plus loin, Châpour 1er
témoigne au monde de la soumission de l'empereur Valérien (3ème quart du 3ème s. ap. J.C.).