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Calligraphie de Hassan Massoudy

.le nucléaire en Iran.

Calligraphie de Hassan Massoudy



Chronologie du programme nucléaire iranien

Voici une chronologie du programme nucléaire iranien:

- Années 70: le Chah d'Iran lance un programme d'énergie nucléaire. Des informations font aussi état du lancement d'un petit programme de recherche militaire
- 1979: la Révolution islamique chasse le Chah et met fin à tous les programmes nucléaires
- 1984: l'Iran, en pleine guerre avec l'Irak, relance son programme civil et tenterait en secret d'acquérir le moyen de fabriquer des armes nucléaires
- Mi-2002: les services secrets américains apprenent l'existence de deux sites secrets dans le centre du pays, une unité d'enrichissement d'uranium à Natanz et un site de production d'eau lourde près d'Arak. Washington pense que Téhéran semble maîtriser tout le cycle de production d'énergie nucléaire, ce qui lui permettrait de fabriquer une bombe atomique sans recourir aux importations
- février 2003: l'Iran annonce vouloir développer un programme nucléaire civil capable de se passer d'importations. Une délégation de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) inspecte un prototype de centrifugeuse permettant l'enrichissement de l'uranium à Natanz. Téhéran précise que ce site sera placé sous la surveillance de l'AIEA, mais que l'agence ne pourrait pas inspecter d'autres sites soupçonnés d'abriter des recherches consacrées à l'armement nucléaire
- mars 2003: Téhéran dément avoir mené des essais à Natanz sans prévenir l'AIEA. Le pays affirme son droit de disposer d'un armement nucléaire pour contrer celui d'Israël
- septembre 2003: l'intense pression américaine sur l'Iran aboutit à une résolution ferme des Nations unies et au retrait des inspecteurs de l'AIEA
- février 2004: on apprend que l'AIEA a retrouvé un an auparavant, dans au moins deux sites iraniens, des traces d'uranium suffisamment enrichi pour servir à la fabrication d'armes nucléaires
- mars 2004: le ministre iranien de la Défense Ali Chamkhani reconnaît que l'armée a construit des centrifugeuses pour enrichir de l'uranium. Téhéran continue à soutenir que son programme est uniquement destiné à produire de l'électricité
- avril 2004: l'Iran affirme avoir suspendu ses programmes d'enrichissement et accepte de nouvelles inspections de l'AIEA
- mai 2004: l'Iran reconnaît avoir importé des éléments de centrifugeuses permettant d'enrichir de l'uranium, selon un rapport de l'AIEA qui ne prend pas position sur la nature du programme nucléaire iranien
- juin 2004: l'AIEA affirme que l'Iran a cherché à acheter clandestinement des milliers de pièces de centrifugeuses, ce qui jette le doute sur les affirmations de Téhéran selon lesquelles le programme est uniquement expérimental
- juillet 2004: des diplomates révèlent que l'Iran construit à nouveau des centrifugeuses capables de fournir de l'uranium pour des armes nucléaires
- septembre 2004: l'AIEA affirme que l'Iran prévoit de traiter des tonnes d'uranium, ce qui permettrait au pays d'obtenir des matériaux nécessaires à la fabrication de bombes atomiques. Téhéran réaffirme que ses intentions sont uniquement pacifiques. AP

(source : Associated press)




Israël craint les ambitions nucléaires iraniennes

L'Iran, dont les ambitions nucléaires inspirent la méfiance aux pays occidentaux, a testé un missile balistique pour renforcer sa capacité de défense en réponse à des menaces d'Israël, a expliqué hier un haut responsable de la sécurité iranienne. En visite en Australie, le secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale iranienne, Hassan Rowhani, a assuré pour sa part que le programme nucléaire iranien était voué exclusivement à la production d'électricité, et non à la fabrication d'armes nucléaires. "Les cibles préétablies ont été atteintes lors de l'expérimentation", a précisé le ministère de la Défense dans un communiqué laconique diffusé par l'agence officielle Irna. La semaine dernière, le ministre iranien de la défense, Ali Shamkani, avait annoncé que son pays s'efforçait d'améliorer la portée et la précision du Chabab 3 afin de contrer les efforts d'Israël pour renforcer les capacités de ses missiles antimissiles. L'Iran a repris en outre le mois dernier la production de pièces de centrifugeuses destinées à enrichir de l'uranium, un processus permettant de fabriquer des armes nucléaires.

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Jérusalem :
Marc Henry
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Israël et l'Iran se livrent, à leur échelle, à une "guerre des étoiles". Téhéran, accusé par les Américains et les Européens de développer au pas de charge des armes nucléaires, vient d'annoncer avoir testé avec "succès" une version améliorée de son missile Chahab 3 ("Etoile filante" en persan) capable d'atteindre le territoire israélien. Aussitôt, les responsables israéliens ont laissé entendre qu'ils allaient procéder prochainement à un essai d'un modèle plus sophistiqué du Hetz ("Flèche" en hébreu). Ce missile antimissile a réussi le mois dernier à intercepter pour la première fois un missile Scud récupéré par l'armée américaine en Irak qui avait été tiré au large des côtes californiennes.
Selon le ministre iranien de la Défense, Ali Chamkhani, les Chahab 3 ont un caractère "défensif". Ils visent à dissuader Israël d'attaquer les installations nucléaires iraniennes sur le modèle du raid effectué par l'Etat hébreu contre la centrale nucléaire irakienne d'Osirak près de Bagdad en juin 1981. Un scénario qui n'a rien d'absurde. Des députés israéliens, aussi bien de l'opposition que de la majorité de droite, prônent des attaques préventives.
"Il faut détruire leurs installations atomiques comme nous l'avons fait pour les Irakiens", affirme Ehud Yatom, député du Likoud, le parti d'Ariel Sharon. Un parlementaire de l'opposition travailliste, Ephraïm Sneh, proclame lui aussi qu'Israël "ne peut accepter que le régime islamiste iranien dispose de l'arme atomique en raison de l'impuissance de la communauté internationale à contrer cette menace". Le général Yossi Kuperwasser, haut responsable des renseignements militaires, cité par la presse, estime pour sa part que l'Iran a décidé "de ne plus tenir compte de ses engagements pris vis-à-vis des Européens à propos de son programme nucléaire". Les responsables militaires israéliens jugent que l'Iran devrait disposer d'armes nucléaires d'ici à trois ans.
Sur le plan militaire, Israël a les moyens de frapper avec les nouveaux modèles de chasseurs F 15 qui ont commencé à être livrés par les Etats-Unis. Ces appareils à long rayon d'action pourraient viser des installations dispersées par précaution sur tout le territoire iranien sans avoir à être ravitaillés en vol. L'Etat hébreu dispose en outre d'un satellite espion Ofek 5 capable de guider un éventuel raid, de missiles à longue portée de type Jéricho et, selon des experts militaires étrangers, d'un impressionnant arsenal nucléaire comprenant plus d'une centaine de bombes atomiques.
Cette option "offensive" n'est toutefois pas privilégiée pour le moment par les responsables politiques et militaires qui misent sur de possibles sanctions anti-iraniennes que pourrait voter le Conseil de sécurité de l'ONU sous l'impulsion américaine sur la base d'un rapport que l'Agence internationale de l'énergie atomique (AEIA) basée à Vienne doit présenter en septembre.
"Les missiles et les bombes atomiques de l'Iran ne menacent pas seulement Israël mais aussi l'Arabie saoudite et les pays du Golfe, autrement dit les principales réserves pétrolières dans le monde, ce que ni les Etats-Unis ni les Européens ne peuvent se permettre d'ignorer pour des raisons stratégiques", souligne un officier israélien.
De plus, les Israéliens ne manquent jamais l'occasion de rappeler à leurs interlocuteurs européens, que l'Iran a commencé à développer des missiles à longue portée capables à l'avenir d'atteindre le flanc sud de l'Europe. Sur le "front" américain, les responsables israéliens ont accueilli avec la plus grande satisfaction les déclarations faites dimanche dernier par Condoleza Rice. "Les Etats-Unis examineront tous les outils disponibles pour tenter de perturber" le programme nucléaire iranien, a lancé sous forme d'une mise en garde la conseillère pour la sécurité nationale de George W. Bush.

(source : Le Figaro - vendredi 13 août 2004)




Soupçons sur les ambitions nucléaires de Téhéran

IRAN Alors que s'ouvre, lundi à Vienne, la conférence des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA)

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Claude Lorieux
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L'Iran sera sur la sellette à la conférence des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui s'ouvre lundi à Vienne. La république islamique est soupçonnée de vouloir suivre l'exemple de plusieurs Etats voisins, qui appartiennent déjà au club restreint des puissances nucléaires militaires : Inde, Pakistan, Israël, Russie. Il s'en est sans doute fallu de peu que l'Irak les rejoigne.
Les Etats-Unis figurent en tête des accusateurs. L'aide que Téhéran leur apporta durant la guerre d'Afghanistan n'atténue en rien une vindicte déjà ancienne : Washington convainquit l'Allemagne de renoncer à construire la centrale atomique civile de Busher (sue le golfe Persique) et fait depuis pression sur la Russie pour qu'elle abandonne à son tour le projet.
Le soutien de la république islamique aux plus farouches adversaires d'Israël, à commencer par le Hezbollah chiite libanais, contribue à l'exaspération de Washington vis-à vis de l'Iran -"Etat voyou". La controverse opposant l'Iran à une partie de la communauté internationale s'est accentuée cette année, à la suite de découvertes faites en Iran par les experts de l'AIEA : présence de traces d'uranium enrichi à usage militaire possible, tentative d'importation d'équipement de centrifugation, etc.
Le 16 juin dernier, Mohamed ElBaradei, directeur de l'agence de Vienne, reprochait à la république islamique d'avoir "omis de rendre compte de certaines de ses activités nucléaires et d'informer sur certains matériaux nucléaires dont elle dispose". Le conseil des gouverneurs de l'AIEA demanda aussitôt à l'Iran, désormais suspect, de "signer et de mettre en oeuvre rapidement et sans condition un protocole additionnel" au traité de non-prolifération nucléaire e 1997, auquel l'Iran a adhéré. Le protocole additionnel oblige tout état signataire à laisser les inspecteurs visiter sans préavis ses installations nucléaires et à y effectuer des prélèvements. Le conseil attend de l'Iran qu'il s'exécute cette semaine à Vienne ! En cas de refus, les Etats-Unis ont indiqué leur intention d'obtenir la saisine du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui pourrait décréter des sanctions contre Téhéran. La cause est cependant loin d'être entendue ! Les divisions qui, tout au long de la guerre d'Irak, ont affaibli l'exécutif onusien incitent à la circonspection. La dynamique relancée par M. ElBaradei, un diplomate dont on a remarqué le comportement indépendant en Irak, inquiète néanmoins les dirigeants iraniens : ils réclament un sursis ! Quel que soit leur jugement sur un régime de plus en plus impopulaire, beaucoup d'Iraniens ont une certaine sympathie pour l'attitude "cocardière" de Téhéran.
Le philosophe Javad Tabatabaï, que les ultras contraignirent à l'exil, plaide, qu' "en quatre siècles l'Iran n'a jamais envahi un pays, mais qu'il l'a été successivement par les Ottomans, les Russes... et les Irakiens". Cet ancien vice-doyen de l'université de Téhéran juge que "l'Iran a plus de raisons de chercher à se doter d'une forme de dissuasion que le Pakistan qui est, lui, un pays dangereux".
Dans les années 70, Akbar Etemad, qui fut vice-premier ministre du Chah en charge des questions atomiques, laissa ses équipes scientifiques explorer toutes les technologies pour le cas où, les pays voisins acquérant la bombe, l'Iran décide un jour de sauter à son tour le pas. Il souligne aujourd'hui que "les réflexes de caractère national sont les mêmes quel que soit le régime". "Les plus hauts personnages de l'Iran - du guide au président - se sont, avec plus ou moins de vigueur, prononcés pour l'adhésion au protocole additionnel", souligne l'ancien député exilé Ahmad Salamatian.
Reste à convaincre les plus réticents, conservateurs essentiellement, pour qui toute occasion de s'opposer à "l'arrogance occidentale" est bonne à saisir. Quelles que soient leurs visées militaires secrètes, les dirigeants iraniens songeraient avant tout à préserver le droit de l'Iran à se doter d'une industrie nucléaire civile, que leur contestent certains proches du président Bush. Le député M.B.NOBAKHT, un Conservateur centriste, confiait au début de l'été à Téhéran : "D'accord pour accepter le protocole additionnel. Mais qui nous dit que les Etats-unis s'en contenteront ?" Un diplomate occidental ripostait : "L'Iran ne peut plus se permettre d'affirmer qu'il n'a rien à cacher tout en continuant à préparer la bombe. C'est fini. Les Iraniens prendraient un grand risque s'ils ne donnaient pas d'assurances claires à l'AIEA en septembre."
Septembre est arrivé. Entre l'Iran et l'Occident, c'est toujours une question de confiance, de confiance réciproque...

(source : Le Figaro - 6 septembre)


Sadegh Kharrazi : "Les inspecteurs ont visité toutes les installations qu'ils souhaitaient"

En poste à Paris depuis un an, Sadegh Kharrazi n'est pas un ambassadeur comme les autres. Ancien "numéro trois" de la délégation iranienne à l'ONU, ex vice-ministre de la Recherche et de la Formation et directeur de l'influent Institut des relations internationales, il est proche du ministre des Affaires étrangères, qui est son oncle, du président Khatami et du Guide de la révolution, l'ayatollah Khamenei, dont un fils épousa sa soeur. Ce diplomate de 40 ans fut aussi l'homme de contacts discrets avec les Américains, à Chypre, il y a environ deux ans.

LE FIGARO.- A la veille de la réunion du Conseil de l'AIEA, les Iraniens paraissent inquiets....
Sadegh Kharazi.- Inquiets ? Non, Je dirais plutôt attentifs. Pourquoi ? Il est regrettable que, sans attendre la publication du rapport officiel de l'AIEA, certains Etats aient posé des questions sur les activités de l'Iran dans le domaine de l'énergie atomique civile. Un rappel s'impose. L'Iran a maîtrisé la technologie d'enrichissement de l'uranium à des fins civiles, sans aide extérieure, ce qui est un droit reconnu à tout pays signataire du TNP (traité de non-prolifération nucléaire). L'Iran, qui est opposé à toute utilisation non pacifique de l'énergie atomique, a adhéré au TNP. Or il existe dans la région cinq puissances nucléaires militaires, qui n'ont pas signé le TNP, dont Israël. Nous souhaitons un Proche-Orient sans armes nucléaires. Les Etats-Unis incriminent Téhéran. La France aussi... Les inquiétudes de la France sont tout à fait compréhensibles. Nos conversations avec le gouvernement français se passent très bien. Ce dialogue doit se poursuivre. De son côté, l'AIEA est en devoir de répondre aux questions des Etats signataires qui s'interrogent sur les implications du protocole additionnel (qui prévoit des inspections sans préavis des installations nucléaires, NDLR).
Et quelles sont les questions de Téhéran ?
Nous voulons qu'une fois le protocole additionnel signé les Etats membres e l'AIEA admettent le droit de l'Iran à posséder une technologie nucléaire civile, et que les restrictions qui nous sont imposées dans le domaine de la coopération nucléaire disparaissent.
Redoutez-vous que les inspecteurs de l'AIEA deviennent aussi "agressifs" que ceux du désarmement en Irak ?
La communauté internationale avait des doutes sur la politique irakienne. Elle n'en a pas sur celle de l'Iran, pays signataire du TNP. Les inspecteurs de l'AIEA y ont visité toutes les installations qu'ils souhaitaient. Mohamed le-Baradei, directeur général de l'AIEA, reproche pourtant à l'Iran d'avoir passé sous silence certaines activités et certains matériaux nucléaires ! M. el-Baradei juge que l'Iran aurait dû en informer plus rapidement l'AIEA. C'est vrai. Mais il n'y a pas de désaccord. Il juge normal que l'Iran ait une industrie nucléaire civile. Il souhaite que nous signions le protocole.
Jacques Chirac et d'autres le demandent. Pourquoi tarder ?
Il n'est pas facile de faire accepter ce protocole par un pays marqué par une telle diversité de points de vue et par un patriotisme aussi vif que l'Iran. Si l'opinion publique iranienne a le sentiment d'être soumise à des pressions politiques extérieures, elle le rejettera.
Si vous tardez à signer le fameux protocole, ne redoutez-vous pas des sanctions du Conseil de sécurité ?
Nous n'avons commis aucune infraction et nous ne possédons pas d'armes nucléaires !
Dans cette affaire, le vrai débat n'oppose-t-il pas encore une fois les conservateurs et les réformateurs ?
Non. Ce dossier n'est pas de nature à soulever des problèmes entre ces deux groupes. Des conservateurs comme Ali Laijani (qui incite l'Iran à résister aux pressions occidentales, NDLR) ne représentent qu'un point de vue. Le président Khatami, le ministre des Affaires étrangères et l'Agence iranienne de l'énergie atomique abordent ce dossier de façon très positive. Mais le président Khatami doit écouter tous les points de vue avant de prendre sa décision.
La réalité n'est-elle pas que la communauté internationale continue de se méfier de l'Iran ?
Avec une population qui dépassera les 100 millions d'habitants dans dix-huit ans, nous avons besoin du nucléaire civil. En revanche, posséder une arme nucléaire serait, à nos yeux, "haram", c'est-à-dire "péché", interdit par l'islam.

Propos recueillis par C.L.


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