Vous avez connaissance d'un événement ayant rapport avec l'Iran ou la Perse ?
contactez-nous !
Les diamants des shahs de Perse
|
Ils sont exposés à Paris du 15 au 28 septembre
Les diamants des shahs de Perse
Durant une semaine, la Biennale des Antiquaires servira d'écrin aux plus fabuleux joyaux du monde. Les saphirs des reines de France, les rubis des maharadjahs, les diamants des shahs de Perse y seront rassemblés pour la 1ère fois.
Les épaulettes de diamants d'Ahmad Shah :
Martin du Daffoy est un éternel chasseur de trésors. Les plus beuax joyaux du monde, anciens ou modernes, sont passés par ses mains. L'une des pièces maîtresses de son stand à la Biennale sera une paire d'épaulettes en diamants provenant de l'uniforme d'apparat du dernier shah de Perse de la dynastie Quadjar. Détrôné en 1925 par Reza le Grand, premier souverain des Pahlavi, Ahmad Shah partira en exil à l'âge de 26 ans. Non sans avoir restitué le fabuleux trésor de l'Etat perse, qu'il avait souhaité emporter avec lui. En revanche, l'ancien souverain conservera la propriété de ses joyaux personnels, dont cette très belle paire d'épaulettes ornées de gros diamants taillés en rose.
(source : Point de Vue n° 2929 - du 8 au 14 septembre 2004)
Du 15 au 28 septembre,
tous les jours de 11 h à 21 h,
nocturnes les lundi et mercredi jusqu'à 23 h
(entrée, 12, 50 euros).
Au Carrousel du Louvre,
99, rue de Rivoli,
75 001 Paris
(www.biennaledesantiquaires.com)
| | |
Le secret de Baran
|
|
Réalisateur : Majid Majidi
Interprètes : Hossein Abedini, Reza Naji, Zahra Bahrami, Hossein Rahimi
Nationalité :Iran
Durée : 1h36
Sur un chantier de construction de Téhéran, le contremaître Memar fait travailler de nombreux
réfugiés afghans. La haine que Lateef, un jeune Iranien insolent, porte envers les travailleurs
clandestins s'amplifie quand un jeune Afghan, Rahmat, prend sa place.......
Sous sa pauvre chapka, le petit Rahmat cache un secret limpide. A ses yeux, à ses gestes, on l'a tout de suite deviné
:Rahmat est une fille. Elle s'appelle Baran. Ca ne frappe pas du tout les ouvriers maçons qui s'activent à ses côtés,
dans un immense immeuble en construction à Téhéran.
Un seul a su voir le grâce dissimulée sous l'habit d'ouvrier. En perçant son secret, en découvrant sa beauté, le jeune
Lateef est tombé amoureux fou de Baran.
Réalisé il y a déjà trois ans, ce film de l'Iranien Majid Majidi nous arrive après l'étonnant Osama, où une enfant d'Afghanistan
tentait d'échapper à sa condition de femme, déjà dure, en se faisant passer pour un garçon. Baran vient précisément
d'Afghanistan, ce qui éclaire ici la situation des travailleurs clandestins réfugiés en Iran. Politique, religion,
réalité sociale, le film même un peu tout, sans trop approfondir. Mais tout s'emmêle bel et bien, dans cette histoire
où le changement d'identité, d'abord ruse pour survivre, devient jeu de séduction. C'est dans la description du sentiment
amoureux que Majid Majidi se montre le plus subtil, et le plus inventif. De l'immeuble en chantier, il fait un théâtre
à ciel ouvert, où Baran et Lateef s'épient, se rapprochent et s'esquivent, un peu comme les jeunes personnages de L'Esquive,
justement. Les émois, ici, sont aussi un secret. L'amour n'ose se dire qu'à travers des regards, des objets (une barrette
retrouvée), des cadeaux que Lateef fait à Baran ou à ses parents, à leur insu. Cette délicatesse fait la beauté du film,
qui se laisse parfois aller à la facilité d'un ralenti sentimental, mais garde un coeur pur. Comme Baran, fragile et
fascinante. Et comme Lateef : avec ses airs d'enfant et de beau gosse, il pourrait sortir du Loft. Si loin de nous,
et si proche.
Frédéric Strauss
(Télérama n° 2840 - 16 juin 2004)
| | |
Musulmanes, musulmans au Caire, à Téhéran (jusqu'au 14 novembre)
|
|
EXPOSITION
A la Villette, "Musulmanes, musulmans au Caire, à Téhéran..."
L'islam buissonnier des mégalopoles
-----------------------------------------------------
Eric Biétry-Rivierre (Le Figaro - 27/05/04)
-----------------------------------------------------
L'idéal et le relatif, le dogme et les contingences, le rituel et ses entre-deux : l'exposition proposée actuellement à la Villette (*) dans le cadre de la série baptisée "Un monde fait de tous les mondes" cultive l'ambivalence. Atteignant par là quelque chose de très réel.
A partir d'évocations de la vie banale de musulmans et musulmanes dans cinq mégalopoles au Caire, à Téhéran, Istanbul, Paris et Dakar, l'idée est de dire comment l'islam et es pratiques s'harmonisent ou se confrontent à la modernité, la mondialisation, le multiculturalisme. Pour cela, les commissaires Olivier Roy et Valérie Amiraux n'ont pas voulu "partir de discours extérieurs" mais laissé s'exprimer des photographes, vidéastes et plasticiens contemporains issus des villes ou des sociétés mêmes qu'ils évoquent.
Pavillon Paul-Delouvrier, chacun des cinq groupes s'est vu attribuer deux espaces - à gauche une salle de projection décorée d'images populaires (affiches de cinéma, réclames, portraits peints de vedettes, etc.), à droite les cimaises et les sculptures - le long d'une ruelle blanche de bazar. On entend dans cette stylisation de médina imaginée par Patrick Bouchain et Katia Samari les ambiances sonores particulières aux capitales. (...)
Dès l'entrée également s'arrête le débat sur le poids géopolitique de l'islam ainsi que sur sa signification et ses fondements. Un Coran ouvert, datant du Xè siècle, une carte du monde situant les populations musulmanes et cinq dessins de la célèbre dessinatrice de bande dessinée Marjane Satrapi sur le thème des cinq piliers de l'islam sont là pour évacuer ces questions. "Notre propos est de montrer les acteurs et les situations", insiste Valérie Amiraux. "Comment Cairotes, Stambouliotes, Téhéranais, Parisiens et Dakarois multiplient les manières d'être et de vivre musulmans". Olivier Roy, lui, rappelle que son exposition n'est pas un événement de circonstance commandée par l'actualité : "Le projet a été conçu bien avant la tragédie du 11 septembre et, à fortiori, bien avant que le voile ne devienne l'enjeu d'un débat national." Comme, selon lui, "on parle actuellement trop de l'islam et pas assez des musulmans", il s'emploie à inverser la tendance par cette rencontre "dépassionnée et respectueuse avec des hommes et des femmes, proches de nous ou plus lointains".
Les villes choisies l'ont été comme autant de coups de sonde méthodiques : une arabe, une persane, une turque, une africaine. Paris a été retenue comme exemple de lieu où les musulmans sont minoritaires. Notons donc qu'il manque le Maghreb et l'Indonésie. L'approche n'est donc pas exhaustive.
Au reste, elle suffit pour que le voyage soit révélateur d'un islam pluriel, c'est-à-dire dont la lettre s'aménage partout - bon gré mal gré - n'en déplaise aux néofondamentalistes de toute barbe - , à l'épreuve du quotidien. (...).
Entrons à Téhéran où le noir et le blanc dominent. Voici un pays fermement "entchadorisé". Avec, quand même, malgré tout, le souvenir d'une âme saisie, comme l'écrivait Khalil Gibran, "quand la couleur est oubliée et que la coupe n'est plus" : femmes jouant au foot oublieuses du foulard qu'elles portent, rares maisons de thé, encore plus rares manifestations d'étudiantes (en couleurs ces clichés-là !), rigolades sous le korsi, cette couverture commune qui sert de chauffage à la maisonnée traditionnelle. Le plus émouvant est visible en salle de projection, dans un reportage sur un tribunal des moeurs. Un juge reste impassible devant une mère divorcée qui implore la garde de ses petits. Lors d'une suspension de séance, une gamine s'assied dans le fauteuil du mollah et joue à l'imiter. On rit comme on pleure de telles folâtreries. Brèves goulées d'air comme le sont les oeuvres de Sadegh Tirafkan, un Iranien qui met en parallèle le côté curviligne de la calligraphie persane et les courbes du corps. Un défi osé à l'interdit de la représentation humaine dans l'art islamique iranien. (...).
---------------------------------------------------------------------------------------------------------
(*) Musulmanes, musulmans au Caire, à Téhéran, Istanbul, Paris, Dakar jusqu'au 14 novembre au Pavillon Paul-Delouvrier, parc de la Villette, Paris (XIXè). Entrée libre.
Catalogue 27 euros. www.villette.com
| | |
spectacle de khaleh souskeh
|
|
le spectacle de khaleh souskeh (Shahreh ghesseh-BIJAN MOFID), mise en scene par
Shahrokh Moshkin Ghalam aura lieu a paris les 28, 29 et 30 Mai a la Halle Saint Pierre,
2 Rue Ronsard, paris 20 eme. Metro anvers ou abesses.
Dans le role de khaleh souskeh: Ava Farhang,
dans celui de la conteuse: Samira,
et dans celui de Agha moushe et de tous les autres animaux: Shahrokh.
Les horaires: vendredi 28 a 16h30 et 19h00.
samedi 29 a 17h00.
dimanche 30 a 14h00.
Le numero de telephone pour reserver: 01.45.42.20.16
Et les tarifs: 14 euros pour les plus de 18 ans et 8 euros pour les moins de 18 ans.
NB:Merci à Parvaneh737 pour nous avoir fait parvenir ces informations
| | |
Le Printemps persan à Paris (du 6 mai au 12 juin)
|
[Le Figaro - 30 avril 2004]
Du 6 mai au 12 juin, le centre culturel iranien de Paris propose Le Printemps persan, une série de manifestations culturelles : spectacles, calligraphie, musique, peinture, photographie, cinéma, théâtre.
Ce festival, qui se déroulera dans différents endroits de Paris, permettra de découvrir de nombreux jeunes talents contemporains issus d'un pays d'une grande tradition de raffinements artistiques.
L'ensemble est de haute tenue. On notera, entre autres, une exposition exceptionnelle à la bibliothèque André-Malraux sur dix siècles d'art du livre en Iran, miniatures, enluminures et calligraphie ; une semaine, au cinéma L'Arlequin, de films, documentaires en VO sous-titrée (du 26 mai au 1er juin) parrainée par le cinéaste et homme de théâtre Majid Majidi, l'auteur de La Couleur du paradis. A signaler aussi des concerts de musique traditionnelle iranienne, l'une des plus suaves du monde, qui seront donnés dans la salle des fêtes de la mairie du VIe arrondissement sous le parrainage du compositeur Hossein Alizadeh.
Centre culturel iranien : 01.45.49.19.20. Site : www.Iran-fr.com
| | |
Arts de l'islam au Louvre
|
|
30 chefs-d'oeuvre du "Met" (Metropolitan Museum of Art de New York) prêtés au Louvre pour un an (du 30 avril 2004 au 25 avril 2005)
Les 30 chefs-d'oeuvre présentés au Louvre couvrent une période du monde islamique allant du IXe siècle jusqu'à l'apogée des grands empires modernes.
Le parcours s'ouvre sur un rondeau calligraphique, sculpté en Inde à la fin du XVIe siècle. La première salle est dédiée aux fouilles de Suse (sud-ouest de l'Iran) et aux objets archéologiques des IXe-XIe siècles, provenant du site de Nishapur en Iran oriental: décors architecturaux, céramique, bronze, verres.
Au fil du parcours et en regard des oeuvres du Louvre, on peut admirer un rare plat à l'aigle signé par le grand céramiste Muslim (Egypte, Xe-XIe siècle), une céramique iranienne médiévale qui illustre les liens étroits avec l'art du livre.
On verra également des carreaux lustrés produits dans le royaume nasride de Grenade (Espagne, XIVe siècle), une aiguière de l'Iran du XIIe, un brûle-parfum de l'Egypte du XIVe, des décors architecturaux d'Iran et d'Inde des XVe et XVIe.
La pièce la plus spectaculaire est sans conteste le grand bol de verre à décor émaillé et doré produit dans un atelier syrien au XIIIe siècle, magnifique exemple de la technique du verre à décor polychrome d'émail et d'or qui naît dans l'Orient islamique à la fin du XIIe.
Cette oeuvre est présentée à côté d'un des chefs-d'oeuvre de la collection du Louvre: un grand vase de métal réalisé pour un sultan égyptien au milieu du XIIIe siècle et issu des collections du pape Urbain VIII Barberini.
(Aile Richelieu, entresol, salles du département des Arts de l'Islam. Tous les jours de 9h à 17h30, sauf mardi. Nocturnes jusqu'à 21h30 lundi et mercredi).
| | |
Exposition photo : Ziba Kazemi
|
|
La Mairie de Paris rend hommage jusqu'au 30 Avril à la photographe iranienne Ziba Kazemi
La Mairie de Paris rend hommage jusqu'au 30 Avril à la photographe iranienne Ziba Kazemi.
Cette photographe est morte à Téhéran en 2003 dans des circonstances troubles. Ses reportages
en Iran, dans l'Afghanistan des talibans, en Israël et en Palestine s'exposent en noir et blanc
à la direction des Affaires Culturelles de Paris.
Iran, 1999 : une vague déferle sur une solitude vêtue de noir, le visage dissimulé derrière un livre.
Afghanistan, 2000-2002 : un taliban, le bâton levé, règne sur une assemblée de burkhas.
Un jeune garçon d'une beauté farouche défie le spectateur du regard. Palestine, 2000-2001 :
des carcasses de véhicules fumants jonchent la rue désertée par les combattants. Une jeune
enfant se rend à l'école, noyée dans un nuage de poussière et de feu. Les yeux d'un camion
militaire luisent au bout de la rue.
Née en Iran en 1948, Ziba « la belle » quitte son pays en 1974 pour venir travailler en
France. Scénariste, monteuse et réalisatrice, elle étudie également la sociologie à la Sorbonne.
En 1993, elle part pour Montréal, et elle obtient la nationalité canadienne. Elle décide alors
de se consacrer à la photographie de reportage. Ses régions de prédilection sont le Proche et
le Moyen-Orient, ses thèmes, les femmes et les enfants. « Elle n'appartenait pas à une agence
de presse. Tous les reportages qu'elles faisaient étaient personnels. Elle ne savait pas
si elle allait réussir à les vendre. Ce travail en noir et blanc donne une dimension
plus graphique, plus stylisée » estime Emmanuel Daydé, le directeur adjoint de la
direction des Affaires Culturelles de la Ville de Paris. A l'image de la femme iranienne
lisant au bord de la mer, le travail de Ziba Kazemi ne se voit pas, mais se lit. L'Iran,
l'Afghanistan et les conditions de vie des palestiniens nous sont racontés sans sensiblerie
ni misérabilisme. L'émotion est drapée dans un quotidien de noir et blanc. Les rides
et le regard méfiant d'un visage libéré un instant de la burkha révèle la douleur d'être
femme sous les talibans. Le conflit israélo-palestinien sans fin se reflète dans
le portrait d'un enfant de Cisjordanie. Le regard espiègle, il tend à la caméra
sa récolte de munitions. Dans le visage d'une jeune enfant perce déjà le voile du deuil.
Mais dans ce climat noir, Ziba capture aussi les éclaircis, la force de vie chez
les habitués du malheur. Quatre jeunes afghanes sourient, leurs rires percent le silence.
« Elle a démarré ce travail de photographie et ses reportages assez tard », c'était « une
oeuvre en train de s'épanouir » soupire Emmanuel Daydé. En été 2003, Ziba Kazemi retourne en
Iran. Elle veut couvrir les manifestations d'étudiants qui se préparent à Téhéran. Le 23 Juin,
elle est arrêtée aux alentours de la célèbre prison d'Evin, au nord de Téhéran, où de
nombreux prisonniers politiques sont incarcérés. Selon différentes sources, elle rencontrait
les familles de jeunes étudiants en prison, et elle aurait refusé de remettre
ses photographies à la police. 19 jours plus tard, elle meurt en détention à l'hôpital
militaire de Baghia-t-ollah al-Azam. Les circonstances n'ont jamais été élucidées. Selon
certaines sources, elle serait décédée des suites d'un traumatisme crânien après un
interrogatoire musclé par les services secrets. Le gouvernement canadien a immédiatement
réagi, exigeant des autorités iraniennes qu'elles ouvrent une enquête sur la mort de Ziba,
et que son corps soit rapatrié au Canada. Une enquête est actuellement en cours. Son
fils lutte toujours pour récupérer le corps enterré en Iran. Sans résultat. Le nom
de l'exposition - « Photographies contre l'oubli » - ne tient pas au hasard.
« Photographies contre l'oubli »
31, rue des Francs-Bourgeois 75004 Paris
Jusqu'au 30 Avril, lundi-vendredi, 14h-18h
| | |
L'EXAMEN (Emtehan) - sortie le 17/03/04
|
|
Réalisateur: Nasser Refaie
Interprètes: Raya Nassiri, Farzin Aghaie, Aghdas Khoshmou, Nahid Refaie
Nationalité: Iran
Durée: 1h20
Une foule de femmes de tous âges et de tous horizons se rassemble dans la cour d'une école
à Téhéran pour passer l'examen d'entrée à l'université. L'épreuve est particulièrement
difficile, car peu de femmes ont l'autorisation de poursuivre des études universitaires
en Iran. Leurs conversations, parfois marquées par des idées de progrès et même
d'émancipation, révèlent une grande diversité d'opinions.Pour l'une des protagonistes,
l'examen représente un dilemme redoutable en ce qui concerne sa vie privée et familiale.
Une foule d'Iraniennes se pressent pour passer l'examen d'entrée à l'université de Téhéran, parfois accompagnées de leur père, leur mère ou leur fiancé. Des play-boys en lunettes de soleil viennent "mater" les candidates. Certaines pouffent en parlant des garçons. Une échauffourée éclate quand un mari veut empêcher sa femme de se présenter à l'examen. Une autre est venue avec son bébé qu'elle allaite. Les études représentent l'indépendance et l'émancipation...
Le réalisateur, né en 1964, signe un film néo-réaliste sur la condition des femmes et leurs
aspirations, dans la veine qu'affectionne le cinéma iranien, entre documentaire et fiction.
Sous les apparences simples du reportage, personnages, dialogues et situations sont très écrits.
C'est une fenêtre sur la société iranienne, côté féminin. "L'examen" a obtenu la Mongolfière
d'argent au festival des 3 Continents à Nantes ainsi que le prix d'interprétation féminine pour
l'ensemble des actrices, toutes non professionnelles
| | |
Evénements autour du Now Rouz
|
|
1er événement)
A l'occasion de la parution du numéro spécial de sa revue Missives Litterature persane
contemporaine d'Iran, La Société Littéraire de La Poste et de France Télécom vous invite à feter :
NOROUZ - NOUVEL AN ZORASTRIEN
les 19, 20 et 21 mars 2004
au Studio Raspail - 216, bvd de Raspail - 75014 Paris
Programme :
Vendredi 19 mars
19h45 : l'aventure de Bahram-é-Gour avec Lombak le vendeur d'eau d'apres Le Livre des Rois de Ferdowsi. Conté par Guilda Chahverdi.
20h30 : Les femmes iraniennes dans la société civile avec Azadeh Kian (sociologue, chercheur au CNRS), Saeed Paivandi (Maitre de conférence). Modérateur Guissou Jahangiri (chercheur, journaliste).
21h30 : Musiques d'Iran avec Ather Torabi (Sétar et Kamanché), Javid Yahyazadeh (Ney), Khalid Kouhen (percussions).
Samedi 20 mars
15h00 : Ahmad Chamlou (1925-2000), documentaire de Moslem Mansouri (60') - sous-titré en anglais - version simultannée en francais pour les dialogues.
Un beau portrait de Ahmad Chamlou, poète majeur, reconnu comme l'un des réformateurs de la poésie persane.
16h15 : La littérature persane en Iran avec : Christophe Balay (traducteur), Jamchid Barzegar (poète), M. H. Farzaneh (écrivain), Faranguis Habibi (sociologue, responsable du service persan à RFI), Yadollah Royai (poète), Homa Sayar (auteur d'une thèse sur la poésie d'avant-garde iranienne). Modérateur : Brigitte Ouvry-Vial (directrice des éditions de l'Inventaire). Lectures.
18h30 : Fetons Norouz - spécilaités iraniennes vendues par Open Asia.
20h30 : Concert avec l'ensemble Falak ol Aflak (kamantché, tombak et chants). Pour la 1ère fois en France, un ensemble de musiciens du Lorestan, présente la musique traditionnelle de cette région d'Iran. Cet ensemble comprend musiciens issus de 2 générations, nés avec la musique. Ils ont fait des tournées en Suède et en Allemagne ainsi qu'à Dubai et au Koweit. Falak ol aflak, est le nom de la grande citadelle (appelée Shapur Khast à l'époque des Sassanides), située en plein coeur de la ville de Khoramabad (capitale du Lorestan), symbole de cette région très ancienne.
Dimanche 21 mars
15h00 : L'interprétation du songe de Nouchiravan par Bouzardjomehr d'après Le Livre des Rois de Ferdowsi. Conté par Guilda Chahverdi.
15h45 : Concert de musique classique par l'ensemble Nakisa (setar, tombak et chants). Cet ensemble, né en 2000, composé de musiciennes professionnelles iraniennes habitant dans différents pays d'Europe, a produit de nombreux concerts sous le nom d'"Ensemble Banu". Chaque musicienne a commencé l'apprentissage de la musique dès l'enfance, en Iran, avec des grands maitres réputés tels que A. Ebai, N. Nesehpour, D. Talai, H. Alizadeh, N. Farhangar et B. Rajabi. Elles ont acquis auprès d'eux une grande maitrise de la musique classique iranienne qui doit allier improvisation, habilité et connaissance de l'ensemble du répertoire classique iranien. "Nakisa" est le nom de la 1ère musicienne citée dans l'histoire de la musique persane, à l'époque sassanide.
Pendant toute la durée des rencontres, vente d'ouvrages iraniens en langue francaise, et exposition vente d'artisanat et de bijoux iraniens.
Renseignements et réservations :
Tel. : 01 40 05 02 98 ou 01 40 05 09 49
Ste.litteraire@wanadoo.fr
Entrée libre, exception faite pour les concerts (6.00 € le concert)
2ème événement)La Fnac des Ternes célèbrent le nouvel an
iranien du 18 au 20 mars, en collaboration avec l'association Horizons persans. Venez
faire connaissance avec la culture iranienne à travers son cinéma, sa littérature, son
architecture, sa musique.( à l'espace rencontres)
Planning :
jeudi 18.03 à partir de 17h30: architecture de Bâm et histoire de Norouz
- Rencontre avec Reza MOGHTADER, acrhitecte et chercheur reconnu mondialement comme l'un des meilleurs spécialistes des jardins persans. Découverte de Bâm, la dernière citadelle du désert, autrour d'une projection de diapositives fascinantes.
- Rencontre avec Sorour KASMAÏ, écrivain fondatrice de l'association Horizons persans autour de l'aspect mythique et historique de Norouz, la fête du Nouvel An chez les Iraniens, les Afghans et les Tadjiks célébrée le 20.03.
vendredi 19.03 à partir de 17:30: Musique
mini-concert exceptionnel du percussionniste iranien Majid KHALADJ suivi d'une dégustation de pâtisseries iraniennes.
samedi 20.03:
--> 16h - 17h : rencontre autour de la littérature contemporaine persane avec Bernadette SALESSE ( traductrice) , Javad JAVAHERI ( écrivain), Sorour KASMAÏ ( écrivain et éditrice) et Assef SOLTANZADEH ( écrivain)
--> de 17h30 - 18h30 : Rencontre avec la compagnie Lamoureux autour du spectacle la Conférence des oiseaux. Un récit théâtral de Jean-Claude Carrière, d'après un texte de l'auteur iranien Farid Uddin Attar, mis en scène et interprété par Pierre Lamoureux. Un jour tous les oiseaux du monde se réunirent en une grande conférence pour partir à la recherche de leur roi: le Simorgh. Ainsi commence le voyage à travers lequel Pierre Lamoureux interprète les 32 personnages de ce récit initiatique. Un parcours entre le théâtre, le mime et la danse qui met en valeur la poésie et la profondeur de ce texte fondateur de la pensée persane.
NB:Merci à Parvaneh737 pour nous avoir fait parvenir ces informations
| | |
"Sang et or" (Talaye Sorgh) de Jafar Panahi
|
|
Hussein (Hussein Emadeddin), un homme massif dont on ne sait rien, braque un bijoutier,
le tue et se donne la mort dans les premières minutes du film. Flashback sur le cheminement
tragique d'un livreur de pizza, ancien combattant de la guerre Iran-Irak, qui souffre de
légers troubles mentaux. En scooter, il sillonne les quartiers chics de Téhéran et pénètre
ainsi dans un monde qui n'est pas le sien. Un affront de trop, et Hussein décide de laver
dans le sang le trop plein d'humiliations. Le réalisateur du "Cercle", Lion d'or à la
Mostra de Venise, dénonce, sans dogmatisme, le gouffre béant entre riches et pauvres
dans un film sobre et intense. Prix du jury de la section Un Certain regard à Cannes.
PARIS (AFP) - Jafar Panahi, le réalisateur du "Cercle", Lion d'or à la Mostra de Venise, braque à nouveau sa caméra, avec la sortie de "Sang et or", sur les laissés pour compte de l'Iran d'aujourd'hui.
"Sang et or" (Talaye Sorgh) commence par les dernières minutes de la vie de Hussein (Hussein Emadeddin). Cet homme massif, dont on ne sait rien, braque un bijoutier, le tue et se donne la mort. Son ami Ali s'enfuit en scooter.
Flash back sur le cheminement tragique de cet anti-héros, qui ne supporte plus les affronts et a décidé de laver dans le sang le trop plein d'humiliations.
Après les femmes opprimées, qui n'ont aucune chance de s'évader du "Cercle" où elles sont enfermées, le "loser" de Jafar Panahi est un livreur de pizza qui sillonne les quartiers chics de Téhéran et pénètre ainsi dans un monde qui n'est pas le sien. Un monde de fête, dans le cadre clinquant des nouveaux riches.
Hussein (interprété par un non professionnel comme tous les acteurs de Jafar Panahi) est un ancien combattant de la guerre entre l'Iran et l'Irak, gavé à la cortisone et qui souffre de légers troubles mentaux.
Mais il a sa dignité. Quelques jours auparavant, le gérant de la bijouterie l'a offensé, le traitant de haut malgré le beau costume qu'il avait endossé pour pénétrer dans sa boutique, pensant offrir un cadeau à sa fiancée.
Le scénario de "Sang et or" a été écrit par Abbas Kiarostami, le "parrain" du cinéma iranien (Palme d'or à Cannes pour "Le Goût de la cerise"), dont Jafar Panahi (né en 1960) a été l'assistant pour "Au travers des oliviers". Il s'est inspiré d'un fait divers relatant un cambriolage dans une bijouterie.
Sobrement, sans manichéisme, ni dogmatisme, Jafar Panahi met en évidence le gouffre béant qui sépare pauvres et riches. A la suite de Hussein, slalomant dans les embouteillages de Téhéran, le spectateur débarque devant une maison où des jeunes font la fête, dansent et boivent, avant d'être embarqués par des jeunes soldats qui, eux, n'ont pas mangé.
Hussein est invité dans un appartement hyper luxueux par un client riche et déprimé qui se sent seul et cherche quelqu'un à qui parler. Ivre, il erre dans le salon avec son faux feu de cheminée, rêve devant la piscine et la ville depuis la terrasse.
"Je ne veux pas délivrer un message imposé", dit Jafar Panahi. Le cinéaste constate simplement que "la classe moyenne tend à disparaître en Iran", qu'il y a "d'un côté une concentration de richesses et de pouvoir et de l'autre les humiliations et les privations".
A la fin, comme dans "Le cercle", la boucle est bouclée, le spectateur comprend le désespoir de tous les Hussein de Téhéran et d'ailleurs.
"Sang et or", prix du jury dans la section Un Certain Regard au Festival de Cannes, marque un sans faute pour Jafar Panahi qui a obtenu la Caméra d'or du meilleur premier film au Festival de Cannes en 1995 pour "Le ballon blanc", le Léopard d'or au Festival de Locarno en 1997 pour "Le miroir" et le Lion d'or à Venise pour "Le Cercle".
Un homme masqué déboule dans une bijouterie, poussant à l'intérieur le proprio qui vient à peine de lever le rideau de fer. Il est armé, il veut les bijoux, il parle de pierres bleues qui étaient dans la vitrine et qui maintenant sont dans un coffre. Le bijoutier est récalcitrant, il déclenche l'alarme, le voleur s'énerve, le tue à bout portant. La grille de l'entrée s'est refermée automatiquement, le voyou est pris au piège, des badauds à l'extérieur s'approchent, il les traite d'abrutis, de salauds, il se dandine d'un pied sur l'autre, lève les yeux au ciel et se tire une balle dans la tête.
C'est Abbas Kiarostami qui, un jour, a raconté ce fait divers à son ami Jafar Panahi, un hold-up qui tourne mal et un voleur qui se suicide pour ne pas se livrer aux autorités. Panahi a trouvé que c'était un bon début pour un film, qu'on pouvait tenter d'imaginer le parcours de ce type, savoir comment d'étape en étape il en arrive à ce coup d'éclat fatal. Kiarostami était partant pour écrire scénario et dialogues. Le résultat est carrément emballant. Présenté en fin de Festival de Cannes, à l'heure où les spectateurs repus ont peine à garder les yeux ouverts, le film est parvenu à sidérer l'assistance, raflant au passage le prix du jury Un certain regard. Il faut dire qu'avec Sang et or, Panahi va pour la première fois vraiment à l'essentiel, sans passer par quelque artifice rhétorique.
«Tous des tordus»
Sang et or nous colle au train d'un duo de losers de Téhéran, Hussein et Ali, deux livreurs de pizzas qui arrondissent leurs fins de mois en piquant le sac des dames dans la rue. Leur butin est généralement aussi minable que leur vie de vauriens dans une société impitoyable où les différences de classes, en dépit du programme de justice sociale annoncé par la révolution islamique, n'ont cessé de se creuser. Le film est un enchaînement de situations humiliantes, en particulier pour Hussein, revenu malade de la guerre Iran-Irak, le corps gonflé par la cortisone, un type de 30 ans lessivé, en butte à l'irrespect (des bourgeois), à la pitié (de ses amis) et aux abus de pouvoir (de la police).
Dans sa dérive, il assiste, fataliste, à une descente de police dans les beaux quartiers, où des jeunes gens ont eu la mauvaise idée de faire la fête, puis il atterrit dans un gigantesque triplex avec terrasse surplombant la ville, où il fait la connaissance d'un jeune Iranien millionnaire revenu de son exil américain et qui ne comprend rien à l'Iran ni aux moeurs de sa capitale, «cette ville de fous». «Vous êtes tous des tordus», lui lance-t-il, mais lui-même n'a pas l'air complètement sain d'esprit dans son palais de marbre grotesque.
Panahi, né en 1960, a quatre films à son actif et pas un seul qui n'ait été récompensé de prix prestigieux, Caméra d'or cannoise pour son premier Ballon d'or (1995 - déjà scénarisé par Kiarostami dont il fut l'assistant sur Au travers des oliviers), léopard d'or à Locarno pour le Miroir (1997), lion d'or à Venise avec son film choral et féministe le Cercle (2000). Comme la plupart des cinéastes persans, Panahi est en lutte constante contre la censure du ministère de l'Orientation islamique et de la Culture : le Cercle, par exemple, n'a jamais été distribué en Iran, en dépit des pressions corporatistes des professionnels du cinéma qui ont appris à fédérer leurs efforts et à ne pas hésiter à se manifester via des pétitions, désormais régulièrement appuyés par une presse réformatrice acquise à leur cause et une intelligentsia révoltée par la chape de plomb dictatoriale.
Sang et or n'échappe pas à la règle : les censeurs ont sorti les ciseaux ; le cinéaste, lui, a pris les devants. Le négatif a quitté l'Iran clandestinement. De passage à Paris, Panahi explique : «Les autorités et les organes de surveillance liés au régime recherchent le moindre détail pour contester la validité du film. Si vous faites un film sur les difficultés d'un individu, ça va, mais dès lors que vous inscrivez ces problèmes dans un contexte plus large à l'intérieur d'un certain type de société, vous devenez gênant.» Depuis, chaque projection à l'étranger aggrave son cas, il est régulièrement sommé de s'expliquer. Le soutien de la presse n'a pas permis d'effectuer ne serait-ce qu'une sortie technique du film en Iran qui lui aurait permis de représenter son pays aux oscars. Panahi n'est pas même censé montrer le film en privé à des amis ou à des professionnels.
On imagine en effet la tête du greffier sourcilleux de la bonne propagande, encore asservi aux utopies depuis longtemps effondrées de la théocratie iranienne, visionnant ce brûlot de pessimisme sec et dévastateur comme un coup de grésil. Le Cercle était déjà désagréable dans son insistance à montrer le sort des femmes dans une société sexiste et puritaine, mais Sang et or expose une galerie guère plus reluisante de la condition masculine à travers une série de personnages qui, du livreur au golden boy en passant par un soldat de 15 ans, décrit avec des nuances souvent bouleversantes un peuple de gens égarés qui ne comprennent plus quelles valeurs les traversent encore.
Evolution et tours de vis
«La guerre Iran-Irak a traumatisé une génération qui s'est sacrifiée et se retrouve aujourd'hui dans un univers en complet décalage avec ce qu'on lui avait promis, explique le cinéaste. Une des scènes qui posaient le plus de problèmes à la censure est précisément celle où Hussein vient livrer une pizza à un ancien gradé sous les ordres duquel il avait combattu.» Dans cette scène, le colonel à la retraite dit : «Je croyais que tu étais mort, parti au paradis des purs. Je ne t'ai même pas reconnu.» Et Hussein répond avec cette autodérision triste qui ne le quitte jamais : «En fait, moi non plus je ne me reconnais pas.» Sang et or croise réalisme social et polar. Il montre Téhéran tel qu'il est, ville tentaculaire paralysée nuit et jour par les embouteillages, polarisée entre la ville haute des nantis et la ville basse du peuple. Le film parle une langue crue, émaillée d'insultes ; les conversations sur les filles sont directes, on disserte grivoisement sur les questions de confort : s'il faut choisir des chaussures larges, mieux vaut préférer pour le sexe les filles étroites !
«Les mentalités en Iran évoluent sans cesse, les gens ont gagné contre le régime des prérogatives que le système tente aujourd'hui à nouveau de leur retirer. Des journaux sont interdits, des tournages empêchés... La pression sociale infléchit la morphologie du régime, qui réagit en durcissant ses positions, en donnant des tours de vis», insiste Panahi, qui réfute néanmoins l'étiquette de cinéaste politique. Il se lance à ce sujet dans une longue explication sur sa démarche : «A mon sens, le cinéaste politique sert une idéologie et une vision manichéenne de la réalité. J'essaie plutôt de considérer les individus en fonction de leurs émotions, de leurs expériences et de leurs convictions. Alors bien sûr, pour l'étranger, je suis un cinéaste engagé politiquement et le film sera perçu comme quelque chose que les autorités iraniennes n'apprécient pas ; d'un autre côté, le régime pourrait exiger de moi quelque chose que je ne ferais pas. Je pense que le cinéma et l'image sont sacrés et je ne suis prêt à aucun compromis dans ce domaine, c'est tout.»
Cinéaste en dissidence intérieure pour nous, artiste vendu à l'Occident et aux capitalistes pour les théologiens du régime, il sait qu'il ne peut échapper aux feux croisés d'une situation qui ferait parfois oublier qu'il est aussi un metteur en scène inspiré parvenant à nous mettre au contact avec des péripéties à la fois étonnantes et riches de signification. Cette réussite, il la partage bien sûr avec Kiarostami, le maître de l'ombre, ami et conseiller, et son acteur principal, Hussein Emadeddin. Découvert par hasard pendant les repérages, c'est un livreur de pizzas et la mobylette qui parcourt tout le film est la sienne. Bien qu'il ne tienne plus trop à en parler aujourd'hui, Panahi a raconté, notamment à la presse britannique, que, alors que le tournage était déjà commencé, Emadeddin s'était révélé être un fou schizophrène et paranoïaque. La dimension perturbante du film, la souffrance opaque que dégage Hussein, sa gestuelle de poussah épuisé, découlent probablement de cette pathologie.
Emadeddin, acteur limite
Emadeddin était entre autres persuadé que l'équipe complotait contre lui, et il lui est arrivé de saccager le plateau, rentrant chez lui après, plantant tout le monde au beau milieu d'une journée de travail : «Je devais aller le convaincre de revenir mais il m'expliquait que notre équipe était composée de néonazis, des supporters de Jean-Marie Le Pen venus spécialement de France pour l'assassiner», se souvenait le cinéaste en septembre dernier dans The Guardian. Panahi envisagera plusieurs fois d'arrêter purement et simplement le tournage.
Il a tenu bon. Sang et or n'aurait pas le même prix sans Hussein Emadeddin, son corps trop lourd, immobile, ivre et basculant dans la piscine. Dans son sillage, un danger non simulé, entre idiotie cosmique et effondrement supérieur, s'engouffre dans chaque plan, et l'électrise à l'instar du héros de la Balade de Bruno S. de Werner Herzog. A la fin, le hold-up recommence, la balle dans la tête menace comme un rêve répétitif, le piège se referme, c'est le bout du rouleau.
(source : Libération)
| | |
Shahrohk Moshkin Ghalam
La transe sacrée d'un Persan
|
|
Au festival d'Aix-en -Provence, en juillet 2004, dans L'enlèvement au sérail
de Mozart. Mise en scène : Jérôme Deschamps
En Iran, des hommes et des femmes luttent pour la liberté d'expression, la
création, le droit des femmes. Ultime symbole : Shirin Ebadi, prix Nobel de la
paix. En France, Shahrohk Moshkin Ghalam chorégraphie une liberté chèrement
payée. On le dirait issu d'une miniature persane et des Mille et Une Nuits.
Il danse la Perse éternelle, les rêveries du grand poète Omar Khayyam. Shahrohk,
réminiscence du roi Darius, en son royaume des Mille et Une Nuits. Quand le charisme
du danseur capte la lumière, quand un souffle biblique passe...
Dans ses yeux, l'âme de l'Iran qu'il a quitté à 18 ans, fuyant les interdits du régime
islamique, assoiffé de liberté.
La ressemblance est saisissante. Hiératique et gracile, masculin et féminin,
Shahrohk Moshkin Ghalam, 36 ans, est le roi Darius, sculpté sur les bas-reliefs
de Persépolis : barbe ciselée, chevelure ondoyante, cils ourlés de khôl. Il était
fait pour embraser la scène. Mais dans un pays étouffé par ses dogmes, rien ne le
prédestinait à arpenter, très tôt, les sentiers ardus de la danse, qui oblige à
dévoiler son corps... Rien, sauf l'histoire chaotique d'un Iranien qui a refusé
de voir son âme rebelle fossilisée dans une catéchèse. Une fois son costume de
scène abandonné, la répétition terminée, le corps vidé, dans un coin de la salle
de spectacle, Shah déverse sa vie. Et ses yeux jettent des braises. La danse lui
brûle les veines. On n'imaginait pas à quel point.
Sous le régime du Shah d'Iran, le père occupe un poste élevé : préfet militaire. "Il
avait tous les pouvoirs..." Sa mère, d'une beauté éblouissante, est enseignante. Le
mari voudrait qu'elle reste au foyer. Depuis le règne des Pahlavi, les femmes ne sont
pourtant plus tenues de porter le voile. Mais Shah, petit garçon, enrage de voir sa
mère "subir ce joug machiste". Il voudrait ressembler à cette fée tutélaire, développer
en lui cette fibre féminine corsetée par la mentalité des hommes. Son rêve : danser.
S'évader par la grâce des arabesques. Un comble. Depuis l'ère glaciaire des Qadjars,
avant les Pahlavi, les danseurs ont le diable au corps ! "Les femmes sont vues
comme des prostituées, les hommes comme des homosexuels, souffle-t-il. Si mon père
avait appris que je prenais des cours de danse en cachette, il m'aurait tué !"
Alors Shah se cherche un asile : la poésie, Omar Khayyam, Nezami, dont il tirera,
bien plus tard, un spectacle joué en 2002 à Covent Garden, à Londres : Les Sept
Pavillons d'amour.
Et puis les digues rompent. Et déferle le torrent révolutionnaire. 1978 : Shah n'a que
11 ans. Il voit nombre de ses amis tués, l'un d'eux lapidé. Son père est emprisonné.
Il s'évade pour gagner la France. Shah, lui, attend l'âge de 18 ans pour fuir son pays,
avec son petit frère. A pied... C'est le début du calvaire : les passeurs payés par les
parents, se sont évaporés aussi vite qu'ils ont perçu leurs gages. Et les enfants marchent,
des mois durant, vers Istanbul. Jusqu'à ce qu'ils puissent joindre leur père, qui envoie
un ami les chercher pour les ramener à Paris. Havre magique, rêvé ! Là, pourtant,
sensation de vide, trou noir. Tout recommencer, et pour quoi ? Mais cette fois, le
rêve n'est plus chimère. Après des études d'histoire de l'art, Shah rencontre celle
qui sera son mentor pendant cinq ans : Ariane Mnouckine. Une révélation. Au Théâtre
du Soleil, il enchaîne et sublime les rôles phares, Apollon dans Les Atrides, la Nuit
et le Roi dans la Ville parjure, Tartuffe...
Il étudie, auprès des plus grands maîtres, les techniques ancestrales du katak et katakali
(Inde), du topeng et baris (Bali)... Pour cingler, un beau jour, vers d'autres cieux. Suivre
son chemin.
Shah veut servir la musique persane et fonder sa compagnie. L'univers qu'il met en scène,
baigné d'onirisme oriental, est le miroir de sa mémoire. Il s'entoure de femmes, de tous
les continents. "Pas des femmes-objets, s'enflamme-t-il, des femmes en majesté."
Habillées de voiles vaporeux, d'un érotisme subtil, d'une langueur sensuelle. "Mes
spectacles sont des hommages à ma mère, aux femmes d'Iran, à la liberté." Il danse
comme il se rebelle. Ses flambeaux : les poètes de ses origines, la Perse incandescente.
Quand d'autres brandissent des slogans politiques, lui dépose l'excitation ambiante et
la folie des hommes sur un ruban de soie, cultive son profil biblique, bras en croix,
et sa dualité masculin-féminin comme une fusion des genres. Il faut le voir, mage
diaphane, danser les Quatrains du poète Omar Khayyam, odes à la jouissance de la vie
coulant sans retour... Tournoyer au son du daf, quand le tambour scande la dentelle
lancinante des instruments à cordes. Autour de lui, des femmes parées de turquoise
miment la houle végétale. Et le vertige gagne... Il faut le voir interpréter un duo
avec Karine Gonzalez, danseuse de flamenco, elle, cheveux tirés, lui, crinière au
vent, pivotant sur lui-même, porté à la transe extatique des soufis (tendance
mystique d'un islam apaisé), en quête du divin. Ou plutôt de sa lumière intérieure.
"La danse soufie n'est pas religieuse mais sacrée", plaide-t-il, sillonnant les
scènes du monde. Tournant inlassablement autour de l'Iran, relié à sa patrie par
un fil tendu. Sans jamais y retourner. Il le crie : "Il est hors de question
que je danse voilé ! Je ne veux pas que l'on me coupe les ailes..."
Après New York et Londres, il s'est produit avec sa compagnie Nakissa, le 22 novembre 2003,
à Boulogne-Billancourt, invité par la ville dans le cadre d'une saison iranienne. Sous
le sable de l'Iran, c'est le vent de la Perse qui souffle, contrée des Mille et Une
Nuits, des raffinements de l'esprit, des subtiles miniatures et des princes de légende...
Des ailes enfin déployées sur sa terre natale ? Il en rêve. Un jour, peut-être.
DELPHINE SAINTE-ANNE
| | |
Le 31è festival de la bande dessinée d'Angoulême (22/01 au 25/01/04)
|
La bande dessinée indépendante, c'est un succès.
Comme Persépolis, signé Marjane Satrapi, et ses 200 000 exemplaires vendus depuis trois ans. En mêlant autobiographie et Histoire, l'Iranienne qui vit en France depuis bientôt dix ans a déchaîné un enthousiasme imprévisible. "Dans les discussions, explique-t-elle, j'étais confrontée en permanence à des malentendus et à des idées reçues sur l'Iran. Or, je ne suis ni historienne, ni sociologue, le seul point de vue que je pouvais exprimer était le mien. J'ai décidé d'assumer d'écrire "je". Je sais l'histoire que j'ai vécue et que d'autres Iraniens ont connue. Me raconter, c'était les raconter aussi." La chute du Chah en 1979 et l'arrivée au pouvoir des mollahs, la guerre Iran-Irak, l'exil solitaire à 14 ans à Vienne, le retour à Téhéran... Marjane Satrapi joue d'autodérision et de gravité. Elle n'a pas son pareil pour allier, dans la forme, simplicité et efficacité et, dans le fond, pudeur et émotion, et le vibrato de son propos devient perceptible par chacun, quelles que soient son origine ou sa culture.
Cécile Maveyraud
(dans Télérama n° 2318)
Plus de renseignements:
Tél. : 05-45-97-86-50.
www.bdangouleme.com
| | |
Une journée avec le cinéma iranien en exil (09/01/04)
|
de 14h30 à 22h30
21, rue La Clef
75005 Paris
Avec, notamment, des films ayant obtenu les meilleurs prix dans plusieurs festivals internationaux et inédits du
public français faute de soutiens financiers et techniques à l'Association.
Exemple: les films comme : «L'arbre qui se souvient », de Massoud RAOUF, «Procès » de Moslem MANSOURI et «Vienne,
mon amour » de Houchang ALLAHYARI.
Ces cinéastes, qui se sont installées en Amérique du Nord et Autriche jouissent d’un prestige et d’une notoriété
reconnus et soutenus par les cinéphiles canadiens, américains et autrichiens et les professionnels du cinéma.
Plus d'informations ici
| | |
Sima Bina :
La diva du Khorassan (09/12/03)
|
Mardi 9 décembre 2003 à 20h
au Théâtre du Soleil
Cartoucherie
Concert au profit du projet
“Afghanistan : un livre pour un enfant”
Sima Bina, la grande voix du Khorassan (est de l’Iran), chantera les mélopées séculaires de sa province natale sur la scène du Théâtre du Soleil au profit de l’opération “Afghanistan : un livre pour un enfant” mise en place par l’association Open Asia. L’intégralité de la recette servira au financement du projet. Les places sont mises en vente dès aujourd’hui au Théâtre du Soleil à 25€ ou plus (tarif donateur), 20€ (tarif normal), 15€ (tarif réduit) et gratuit pour les enfants de moins de 12 ans. Des plats afghans seront servis à partir de 19h.
Sima Bina est l’une des chanteuses persanes traditionnelles les plus célèbres. En véritable anthropologue de la musique du Khorassan, région située aux confins de l'Iran, de l'Afghanistan et du Turkménistan, elle défriche depuis des années le répertoire classique de cette province. Chantant en persan, mais aussi en turc et en kurde, elle perpétue une tradition de musique folklorique qui vante la nature et l’amour, et qui évoque la nostalgie et le temps qui passe. Sa venue en France est exceptionnelle car elle demeure l’une des rares interprètes iraniennes à se produire à l’étranger.
Pour Open Asia, association internationale œuvrant pour le développement de la société civile en Asie médiane, l’équation est simple : un don de 2€ permet de publier un livre. En outre, l’organisation est aujourd’hui à la recherche de fonds afin de financer une maison d’édition indépendante en Afghanistan (près de 4 000€ pour le simple enregistrement officiel et l’achat du matériel). Elle compte ainsi éditer, rapidement et à moindre coût, des ouvrages pour la jeunesse de ce pays, dévasté par les autodafés lors de la dictature des talibans. En 2003, Open Asia a déjà publié deux recueils de poèmes en Afghanistan, dont l’un à destination exclusive des enfants intitulé “Caravane de lumière”, composés de textes inédits et écrits par des auteurs issus d’une quarantaine de pays. Créée en 1996, l’association compte des bureaux en France, en Afghanistan, au Tadjikistan, ainsi qu’un réseau de correspondants en Asie médiane.
Informations pratiques
Location : 01 43 74 24 08 Théâtre du Soleil - Cartoucherie 75012 Paris
Contacts :
Manuel Jardinaud (Open Asia) : 06 83 35 56 40
Liliana Andreone (Théâtre du Soleil) : 01 43 74 66 36
Horaires :
Spectacle à 20h.
Les portes du théâtre ouvrent à 19h. Des plats afghans (payants) sont proposés aux spectateurs qui peuvent ainsi se restaurer avant et après le spectacle.
Accès :
Théâtre du Soleil - Cartoucherie 75012 Paris
En métro : station "Château de Vincennes", sortie en tête de train vers la gare d'autobus où une navette (qui stationne le long de l'avenue) fait son premier voyage 1h15 avant le début du spectacle, et le dernier, 10 minutes avant.
En autobus : ligne 112 jusqu'à l'arrêt "Cartoucherie". Après le spectacle, la navette fait plusieurs voyages jusqu'au métro.
En voiture : Esplanade du Château de Vincennes puis suivre la signalisation. Un parking arborescent (et gratuit) est à votre disposition à l'intérieur de la Cartoucherie.
Merci à "guissoujahangiri" pour nous avoir informé cet événement
| | |
SHAHROKH MOSHKIN GHALAM :
La transe sacrée d'un Persan
|
|
En Iran, des hommes et des femmes luttent pour la liberté d'expression, la création,
le droit des femmes. En France, Shahrokh Moshkin Ghalam chorégraphie une liberté
chèrement payée. On le dirait issu d'une miniature persane et des Mille et Une Nuits.
Il se produit le 22 novembre à Boulogne-Billancourt.
A Boulogne-Billancourt, au Centre Georges-Gorse, Les Quatrains d'Omar Khayyam,
le 22 novembre à 16 h et 20 h 30. Réservation au 01 55 18 66 66.
| | |
Deux anges (sortie le 19/11/03)
|
|
Réalisateur: Mamad Haghighat
Interprètes: Siavoush Lashgari, Mehran Rajabi, Golshifte Farahani, Hassan Nahid
Nationalité: Iran
Durée: 1h20
Dans une petite ville sainte en Iran, un père pieux, qui croit avoir tué son fils unique
Ali, se rend au mausolée du Saint pour confesser son crime. A la suite d'une dispute avec
son père, Ali s'était enfui dans le désert où il entend pour la première fois de la
musique. Celle d'un berger qui joue du Nêy. Sa vie en sera bouleversée, il prend son
destin en main. A Téhéran, Ali croise le chemin d'Azar, une belle fille de 19 ans, dont
le père écrit un livre sur les anges...
| | |
Le Code de Hammurabi en majesté au Louvre
|
|
PARIS (AFP) - Le Code de Hammurabi, oeuvre capitale de la civilisation mésopotamienne et recueil juridique essentiel du Proche Orient, réapparaît en majesté au Louvre, dans une salle réaménagée du département des Antiquités orientales.
Après d'importants travaux, cette grande stèle en basalte noir parcouru de veines blanches, sculptée à son sommet et présentant 282 articles de loi gravés en écriture cunéiforme, retrouve les collections consacrées à la Mésopotamie du IIe millénaire avant J.C.
Les oeuvres les plus célèbres proviennent du "butin mésopotamien de Suse", fruit des conquêtes du souverain élamite Shutruk Nahhunté au XIIe siècle avant J.C. qui s'empara dans diverses cités mésopotamiennes de "monuments historiques", certains parfois vieux de près d'un millénaire, pour les rapporter dans sa capitale de Suse, en Iran du sud-ouest.
C'est dans cet ensemble de quelque 500 oeuvres -sculptures, petits bronzes, peintures murales, terres cuites, tablettes cunéiformes, sceaux cylindriques- réparties sur 500 m2, que s'érige la stèle du roi Hammurabi (1792-1750 av. J.C.)
(...)
La stèle de Hammurabi fut mise au jour par la Délégation en Perse à Suse, dirigée par Jacques de Morgan, lors de fouilles menées au sommet de l'Acropole, en décembre 1901. Ramenée à Paris en avril 1902, son texte de quelque 3.500 lignes, enfermées dans des cases et disposées dans 51 colonnes se lisant de droite à gauche, furent traduites par le Père Jean-Vincent Scheil en six mois.
Les sujets abordés dans près de 300 articles de lois, concernent notamment la famille (fiançailles, mariage, divorce, adultère, inceste, enfants, adoption, etc...), la gestion du domaine royal agricole et introduit les modalités d'application de "la loi du talion" pour la réparation des torts, qui consiste à infliger au coupable le dommage subi par sa victime.
La loi du talion qui aura une grande fortune dans les lois bibliques ("oeil pour oeil, dent pour dent", ne s'applique chez Hammurabi (grand conquérant, habile diplomate et administrateur de génie) qu'à la classe sociale supérieure.
(A partir du 8 novembre, au Louvre, Salle 3 du département des Antiquités orientales, Aile Richelieu).
| | |
Retour à la page principale
Voir les archives
|